Une détente après des mois de tensions
Alger et Bamako ont confirmé conjointement la levée des restrictions sur leurs espaces aériens, permettant à nouveau les vols civils et militaires entre les deux nations. Le Mali a également annoncé le retour de son ambassadeur en Algérie, rappelé en avril 2025, tandis qu’Alger a confirmé le retour de son représentant diplomatique à Bamako. Ces décisions mettent fin à plus de quinze mois de rupture entre les deux États.
Un incident frontalier à l’origine de la crise
Les relations entre l’Algérie et le Mali se sont fortement détériorées après la destruction, en avril 2025, d’un drone militaire malien près de leur frontière commune. L’Algérie avait alors affirmé que l’appareil avait franchi son espace aérien, une version contestée par Bamako, qui soutenait que le drone évoluait sur son territoire. Cet événement avait entraîné le rappel des ambassadeurs, la fermeture des espaces aériens et une série d’accusations croisées entre les deux pays et leurs alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Des désaccords persistants malgré une volonté de coopération
Les tensions entre Alger et Bamako remontent à bien avant l’incident du drone. Depuis la prise de pouvoir par la junte militaire malienne en 2020 et 2021, les relations se sont dégradées, notamment en raison des accusations d’ingérence portées par Bamako contre l’Algérie. Ces reproches s’appuient sur le rôle historique joué par Alger dans l’accord de paix de 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord. Les divergences se sont encore creusées après le soutien public du Mali au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position en opposition directe avec celle défendue par l’Algérie. Malgré ces divergences, les deux pays partagent une frontière commune et font face à des défis sécuritaires similaires, notamment la lutte contre les groupes armés actifs dans la région du Sahel.