Ambongo et sassou nguesso échangent sur la crise en RDC : conseils pour une sortie de crise
Le Cardinal Ambongo et Denis Sassou-Nguesso échangent sur la crise en République démocratique du Congo
Le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, s’est entretenu avec le président Denis Sassou-Nguesso lors d’une audience privée au Palais présidentiel du Plateau à Brazzaville. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par l’instabilité persistante en République démocratique du Congo (RDC), où les défis sécuritaires et politiques s’aggravent.
Une préoccupation partagée pour la situation en RDC
Lors de cet entretien, les deux personnalités ont abordé la situation politique et sécuritaire de la RDC, un pays frère pour le président congolais. Selon le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Monseigneur Donatien Nshole, qui accompagnait le Cardinal Ambongo, Denis Sassou-Nguesso s’est dit très préoccupé par l’évolution de la crise congolaise.
« Préoccupé, je dirais même très préoccupé par la situation que traverse notre pays, qu’il considère comme un pays frère. Le président Denis Sassou-Nguesso a voulu écouter le Cardinal Fridolin Ambongo, que j’accompagne, car il voit en lui un acteur clé pour la gestion des enjeux humains et politiques de la région. Il estime que la fragilité actuelle de la RDC représente un danger majeur pour l’ensemble de l’Afrique centrale », a expliqué Monseigneur Donatien Nshole.
Des conseils pour surmonter la crise
À l’issue de cette audience, Monseigneur Nshole a révélé que Denis Sassou-Nguesso avait partagé des conseils stratégiques pour aider la RDC à traverser cette période difficile. Le président congolais aurait également évoqué des échanges préalables avec Félix Tshisekedi, président de la RDC, qui s’est rendu récemment à Brazzaville.
« Il nous a confié avoir déjà discuté avec le président Félix Tshisekedi et nous a prodigué les conseils nécessaires pour nous aider à sortir de cette crise », a précisé le secrétaire général de la CENCO.
L’urgence de la paix dans l’Est de la RDC
Monseigneur Donatien Nshole a également souligné la gravité de la situation dans l’Est du pays, où les combats entre forces armées et groupes rebelles, notamment l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda, continuent de faire des victimes. Cette guerre prolongée prive des milliers de Congolais de leurs droits fondamentaux et aggrave une crise humanitaire déjà alarmante.
« Regardez ce qui se passe à l’Est : le pays est en guerre. Une partie de nos compatriotes ne peuvent même plus se retrouver physiquement avec nous. Les pertes humaines sur le terrain sont inacceptables et ne doivent pas être sous-estimées », a-t-il déclaré.
L’Église catholique réaffirme son opposition à une révision constitutionnelle
Cette rencontre survient alors que l’Église catholique en RDC, à travers la CENCO, maintient une position ferme contre toute modification de la Constitution. Dans un message rendu public le 20 juin 2026, les évêques congolais ont réaffirmé qu’il n’y avait ni nécessité, ni urgence, ni opportunité de changer la loi fondamentale du pays. Pour eux, les priorités nationales restent la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la majorité présidentielle, l’Union sacrée de la Nation, envisage une révision constitutionnelle. Une initiative fortement contestée par l’opposition et la société civile, qui y voient une manœuvre pour contourner les limites du mandat présidentiel et permettre au chef de l’État de se maintenir au-delà de deux mandats.
Le second mandat de Félix Tshisekedi doit s’achever en décembre 2028, avec une passation de pouvoir prévue pour janvier 2029.
Pourquoi cette rencontre est-elle importante ?
- Elle reflète l’engagement des dirigeants africains dans la résolution des crises régionales.
- Elle met en lumière le rôle de l’Église catholique comme médiateur et acteur de paix en RDC.
- Elle souligne les tensions autour du débat constitutionnel, un sujet hautement sensible dans le pays.