Attaque meurtrière à l’aéroport de Niamey : 13 morts dont 11 soldats

Une attaque d’une rare violence a secoué l’aéroport de Niamey ce jeudi matin. Des assaillants, dont certains portaient des ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare avant d’être repoussés par les forces de sécurité. Le bilan provisoire fait état de 13 martyrs : 11 soldats et 2 civils, ainsi que 4 blessés. Côté assaillants, 22 ont été neutralisés et une vingtaine de suspects interpellés, selon le ministère de la Défense.

Cette nouvelle attaque survient moins de six mois après celle du 29 janvier, déjà revendiquée par le groupe État islamique. Depuis près de trois ans, le Niger est dirigé par une junte qui peine à enrayer la vague jihadiste. En janvier, l’aéroport et la base militaire attenante avaient été la cible d’un assaut d’ampleur, repoussé par l’armée nigérienne avec l’appui de partenaires russes.

Les premiers coups de feu ont éclaté vers 06h (05h GMT) et ont duré au moins deux heures. Les tirs se sont concentrés sur un poste de contrôle situé sur l’unique route d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée de l’aérogare. Les assaillants, arrivés à bord de taxis, se sont heurtés à une résistance farouche des forces de sécurité. Le calme est revenu vers 10h (09h GMT). Les terroristes se sont alors dispersés dans les quartiers voisins, où les militaires mènent de vastes ratissages. De nombreux assaillants ont été abattus, d’autres capturés avec l’aide de la population, a confirmé un conducteur de taxi moto du secteur. Malgré la reprise en main, le site Flightradar indique que plusieurs vols à destination de Niamey ont été déviés ou retardés.

Site sensible

Cette zone est particulièrement stratégique. Entre décembre et janvier, l’aéroport abritait une importante cargaison de concentré d’uranium, bloquée en attente d’exportation, et aucun mouvement n’a été signalé depuis. Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État de juillet 2023, avait déjà évoqué une « faille dans le dispositif » ayant permis l’attaque précédente, dont l’objectif était de « détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée. Pour éviter un nouveau drame, les autorités avaient lancé une vaste campagne de destruction de quartiers autour de l’aéroport. Le mur d’enceinte a été rallongé et plus de 350 caméras ont été installées à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre.

Selon des résidents, les premiers coups de feu ont débuté à 06h (05h GMT) et ont duré au moins deux heures.