Blocus de Bamako : le GSIM doit protéger les civil·e·s au Mali
Bamako sous blocus : le GSIM face à ses obligations internationales
Le blocus imposé à Bamako par le GSIM depuis fin avril aggrave la crise humanitaire dans la capitale malienne. Cette mesure restrictive entrave gravement la liberté de circulation, l’accès aux denrées alimentaires et aux soins médicaux, mettant en péril les droits fondamentaux des habitant·e·s. Le groupe armé doit impérativement respecter le droit international humanitaire et garantir la sécurité des civil·e·s.
Trois des six axes routiers majeurs vers Bamako sont actuellement bloqués, privant la métropole de ses approvisionnements essentiels. Le 6 mai, une attaque contre un convoi civil transportant des fruits entre Bamako et Bougouni a confirmé les craintes : les marchandises civiles, non protégées par l’armée, deviennent des cibles légitimes aux yeux des djihadistes.
Selon les règles de la guerre, toute attaque dirigée contre des civil·e·s ou des biens civils est strictement interdite. Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, rappelle : « Le GSIM doit distinguer à tout moment combattant·e·s et civil·e·s. Aucun véhicule transportant des marchandises pour la survie des populations ne peut être considéré comme une cible militaire. »
Un blocus ne saurait justifier la violation des droits économiques et sociaux des populations civiles. L’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins doit être préservé à tout prix.
Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International
Un blocus aux conséquences dramatiques
Le 28 avril, le GSIM a annoncé sur une vidéo en ligne un blocus total de Bamako, contrairement à celui de septembre 2025 qui ciblait uniquement les camions-citernes de carburant. Depuis, les prix des produits de première nécessité flambent, et les habitant·e·s subissent des pénuries inquiétantes.
Au 15 mai, trois routes stratégiques reliant Bamako aux ports régionaux étaient coupées, isolant la capitale. Les autorités locales et les médias rapportent une hausse alarmante des coûts des denrées, aggravant la précarité des ménages. Le GSIM a partiellement assoupli le blocus le 6 mai, autorisant l’accès aux soins médicaux, mais l’application effective de cette mesure reste à confirmer.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a appelé à l’arrêt immédiat des hostilités, soulignant l’obligation de protéger les civil·e·s et les infrastructures civiles. Pourtant, les attaques contre les convois civils se multiplient, comme en témoigne un survivant.
Une attaque meurtrière contre un convoi civil
Un conducteur de camion-citerne, survivant d’une embuscade en janvier 2026, a raconté à Amnesty International les violences extrêmes subies par son convoi. Sous escorte militaire, le groupe de camions a été pris pour cible par plus de 200 djihadistes à moto entre Diboli et Kayes. Après l’attaque, les assaillants ont capturé 12 chauffeurs et apprentis, les forçant à creuser des tombes pour leurs camarades tués avant de leur trancher la gorge.
« Les camions transportaient du carburant pour les besoins civils, pas pour un usage militaire. Ces actes constituent des crimes de guerre et doivent faire l’objet d’enquêtes approfondies », a dénoncé Marceau Sivieude. Le GSIM est sommé de cesser immédiatement toute attaque contre des civil·e·s, y compris les attaques aveugles.
Contexte des violences au Mali
Le 25 avril, le GSIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé des attaques coordonnées à Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Ces assauts ont visé des bases militaires et des résidences de personnalités politiques, dont le ministre de la Défense Sadio Camara, tué dans l’explosion d’un engin improvisé à Kati.
Le 6 mai, dans les villages de Kori Kori et Gomassagou (centre du Mali), une nouvelle offensive du GSIM a causé au moins 40 morts et de nombreux disparus, selon les autorités locales. Ces événements illustrent l’escalade de la violence et l’urgence de protéger les populations civiles.