Burkina Faso : la junte militaire rejette les accusations du Nigeria sur la sécurité au Sahel
DÉCLARATIONS OFFICIELLES

Burkina Faso : la junte militaire rejette les accusations du Nigeria sur la sécurité au Sahel

Les propos tenus par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, reliant l’insécurité au Nigeria à la situation au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ont déclenché une réponse ferme des autorités de Ouagadougou. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade du Nigeria pour lui exposer le point de vue des trois pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Ces derniers jugent les propos du président Tinubu incomplets et réaffirment leur volonté de renforcer la coopération régionale face aux groupes armés.

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Une réunion diplomatique s’est tenue jeudi entre le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et le chargé d’affaires de l’ambassade du Nigeria au Burkina Faso. Les représentants du Mali et du Niger ont également assisté à cet échange, illustrant la coordination entre les trois États de l’AES. Cette rencontre fait suite aux déclarations du président Bola Ahmed Tinubu, qui a évoqué une corrélation entre la montée des violences au Nigeria et la situation au Sahel.

Les accusations de Tinubu remises en cause

Lors d’une audience avec des chefs traditionnels nigérians fin juillet, Bola Ahmed Tinubu a suggéré que la dégradation de la sécurité au Nigeria était en partie liée aux troubles observés au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Selon lui, certains groupes armés opérant au Nigeria trouveraient refuge dans ces pays voisins. Ces propos ont conduit les autorités de Ouagadougou à réagir officiellement auprès du Nigeria.

Au cours de l’entretien, le ministre burkinabè a souligné que cette analyse ne reflétait pas les efforts consentis par les forces de défense et de sécurité ainsi que par les populations locales pour contrer les groupes armés. Il a rappelé que le Nigeria affronte depuis longtemps la menace de Boko Haram, tandis que les États de l’AES n’ont jamais pointé du doigt Abuja, malgré les liens avérés entre certaines organisations terroristes de la région. Selon lui, les opérations menées par les armées burkinabè, malienne et nigérienne jouent un rôle clé dans la stabilité de l’Afrique de l’Ouest en limitant l’influence des groupes jihadistes.

Le Burkina Faso a appelé le Nigeria à privilégier des discours favorisant la solidarité entre nations confrontées à une menace commune. Pour Ouagadougou, la coopération reste un pilier indispensable dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest. À l’issue de la rencontre, le chargé d’affaires nigérian a pris acte du message transmis par les autorités burkinabè et s’est engagé à le relayer à Abuja, conformément aux informations communiquées par le ministère burkinabè des Affaires étrangères.