Cameroun : la fin annoncée des églises non déclarées

Cameroun : la fin annoncée des églises non déclarées

Le Cameroun s’apprête à franchir une étape décisive dans la régulation de son paysage religieux. Paul Atanga Nji, ministre camerounais en charge des cultes, a tiré un trait sur la période de tolérance accordée aux églises nouvellement implantées. Selon ses déclarations récentes, 1 400 structures religieuses sont désormais dans le collimateur des autorités pour non-respect des obligations légales.

des irrégularités administratives au cœur des sanctions

Depuis 2024, les nouvelles églises sont tenues de s’enregistrer auprès des services ministériels. Or, un nombre significatif d’entre elles n’a pas encore accompli cette formalité. Paul Atanga Nji a averti : « La phase de tolérance est révolue. Les contrevenants doivent régulariser leur situation sans délai, sous peine de fermeture administrative ». Cette annonce intervient après une série de manquements persistants, malgré les multiples rappels à l’ordre.

la violence religieuse au cœur des préoccupations

Le débat sur la régulation des églises au Cameroun s’est intensifié après deux drames impliquant des fidèles de mouvements pentecôtistes. En juin 2026, une fillette de 11 ans a été poignardée à 17 reprises par une jeune femme de 22 ans, membre de l’église Vie et Paix. La meurtrière a justifié son acte par un prétendu ordre divin. Ce crime fait écho à un précédent homicide survenu en mars 2026, où une autre enfant de 11 ans a également trouvé la mort dans des circonstances troubles.

Ces événements ont choqué l’opinion publique et accéléré la volonté gouvernementale de mieux encadrer les activités religieuses. Les autorités camerounaises pointent du doigt l’absence de cadre juridique pour certaines structures, favorisant des dérives inquiétantes.

un phénomène en expansion depuis plus de 20 ans

La prolifération des églises non déclarées au Cameroun n’est pas récente. Depuis 1994, leur essor s’est accéléré, soutenu par deux facteurs majeurs : la loi sur la liberté d’association et la dévaluation du franc CFA. Cette dernière a plongé de nombreux ménages dans la précarité, les rendant vulnérables aux discours de certains prédicateurs.

En 2006, le gouvernement camerounais a engagé une première campagne de régulation. À l’époque, seulement 81 associations et églises avaient été officiellement reconnues, dont 46 structures protestantes et pentecôtistes. Depuis, les autorités multiplient les mesures pour limiter l’influence des mouvements non agréés.

des mesures déjà appliquées, mais insuffisantes

En 2025, près de 200 lieux de culte avaient déjà été fermés pour nuisances sonores ou activités illégales. Les responsables de ces structures avaient reçu un ultimatum clair : « régularisez-vous ou quittez le pays ». Malgré ces sanctions, le phénomène persiste, poussant les autorités à durcir leur position.

La fermeture de 1 400 églises non déclarées marque ainsi un tournant dans la politique religieuse du Cameroun. Les autorités entendent désormais appliquer strictement la loi, afin de protéger les citoyens des dérives et de garantir un cadre sécurisé pour l’exercice du culte.