Cartographie des services d’aide aux victimes de VBG à N’Djamena : un outil clé pour renforcer l’assistance
Un atelier d’envergure est organisé à N’Djamena pour valider une cartographie inédite des services dédiés aux victimes de violences basées sur le genre (VBG). Porté par l’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT), cet événement se tiendra sur deux jours au mois d’août 2026. L’objectif ? Finaliser une étude stratégique visant à optimiser l’orientation des victimes et à renforcer la coordination entre les acteurs de la prise en charge.
Une étude au service des victimes de violences
Cette cartographie, élaborée dans le cadre du projet WISH 2-WACA, se positionne comme un levier essentiel pour améliorer l’accès aux services juridiques et psychosociaux. Elle s’adresse aux ministères concernés, aux organisations de la société civile, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux structures spécialisées. Ces acteurs sont invités à analyser et enrichir les résultats de l’étude pour en faire un outil opérationnel et adapté aux réalités locales.
Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, a insisté sur la dimension stratégique de cette cartographie. « Ce n’est pas un simple document, mais un instrument d’orientation et de plaidoyer, capable de guider les décideurs dans l’amélioration des services proposés aux victimes », a-t-elle expliqué. Elle a souligné l’urgence de garantir à chaque femme ou jeune fille victime de violences un accès rapide à une assistance adaptée.
Des lacunes identifiées dans la prise en charge
Les résultats de l’étude révèlent plusieurs faiblesses dans le système actuel. Parmi elles, une couverture inégale des services selon les quartiers de N’Djamena, un manque d’espaces sécurisés pour un accueil confidentiel des victimes, ainsi qu’un déficit criant en ressources humaines et matérielles. Les mécanismes de référencement entre les différents secteurs sont également jugés insuffisants, limitant l’efficacité de la prise en charge.
Dr Kadidja Amadaye Abgrene, directrice de la santé de la reproduction, a rappelé que les VBG constituent une violation grave des droits fondamentaux. Malgré les avancées législatives et la mise en place de centres intégrés de services multisectoriels, des défis majeurs subsistent. Moins de 11 % des victimes identifiées bénéficient d’un accompagnement juridique effectif, en raison notamment de la prédominance des règlements à l’amiable et d’un manque d’information.
Vers une meilleure coordination et des solutions concrètes
Les participants à l’atelier sont appelés à formuler des recommandations précises pour remédier à ces insuffisances. L’enjeu est double : renforcer les services existants et améliorer les mécanismes d’orientation entre les acteurs. Cette cartographie devrait ainsi servir de base pour éclairer les décisions publiques et fluidifier la prise en charge des victimes.