Claude perce les failles des algorithmes hawk et AES : ce qu’il faut retenir

L’intelligence artificielle Claude de l’entreprise Anthropic vient de marquer un point important dans le domaine de la cryptographie, en identifiant des failles dans deux algorithmes clés : HAWK, un système de signature post-quantique, et une version simplifiée de AES, l’algorithme de chiffrement le plus répandu au monde. Mais rassurez-vous, l’impact réel reste limité.

HAWK, l’algorithme post-quantique mis à mal

HAWK, candidat sérieux au titre d’algorithme de signature résistant aux ordinateurs quantiques, vient de subir un sérieux revers. L’équipe Frontier Red Team d’Anthropic a exploité une faille dans sa structure mathématique, réduisant sa résistance de moitié. Concrètement, la complexité de récupération de la clé secrète est passée de 2⁶⁴ à 2³⁸ opérations, permettant une extraction en seulement 3 heures et 42 minutes sur un serveur standard.

Cette découverte a poussé les concepteurs de HAWK à retirer leur algorithme du processus de sélection du NIST, l’organisme américain de normalisation. Pour rétablir un niveau de sécurité acceptable, il aurait fallu doubler la taille des clés et des signatures, ce qui aurait annihilé l’un de ses principaux atouts : sa légèreté de calcul.

Une faille théorique sur une version réduite d’AES

Du côté d’AES, l’algorithme de chiffrement le plus utilisé au monde, les résultats sont moins préoccupants. Claude a réussi à exploiter une faille dans une version simplifiée d’AES-128, limitée à 7 tours contre 10 dans la version standard. La technique employée, surnommée le « Pont de Möbius », a permis d’accélérer les attaques existantes d’un facteur 200 à 800.

Cependant, cette vulnérabilité reste strictement théorique et sans impact sur les systèmes en production. Les trois tours supplémentaires de la version standard d’AES la rendent hors de portée des attaques actuelles. L’ANSSI rappelle d’ailleurs que les clés de 128 bits restent recommandées, mais conseille de passer à 192 bits pour une protection post-quantique.

Pourquoi ces découvertes ne doivent pas alarmer

Contrairement aux titres alarmistes, ces failles n’affectent pas les systèmes en place. HAWK n’était pas encore déployé, et AES reste robuste dans sa version officielle. Ces travaux soulignent simplement la vigilance nécessaire dans un domaine où les attaques évoluent rapidement.

L’utilisation de l’IA pour découvrir des failles est un tournant. Les coûts de calcul pour ces recherches s’élèvent à 100 000 dollars sur les outils commerciaux d’Anthropic, et le processus a nécessité des mois de vérification par des experts humains pour valider les résultats.

Un tournant pour la cybersécurité

Ces découvertes illustrent un changement de paradigme : le vrai défi n’est plus de trouver des failles, mais de valider et d’analyser les résultats produits par l’IA. Les processus de vérification peinent à suivre le rythme, alors que les systèmes comme Firefox, Windows ou les produits Apple voient exploser le nombre de correctifs.

Cette avancée ouvre la voie à de nouvelles recherches, mais rappelle aussi l’importance de maintenir une expertise humaine pour garantir la sécurité des systèmes critiques.