Conflit politique au Sénégal : pourquoi Lansana Gagny Sakho reste fidèle à la République
Un choix de principe au-delà des postes politiques
Invité à s’exprimer sur les ondes d’une émission matinale, Lansana Gagny Sakho, président du Conseil d’administration de l’APIX, a détaillé les raisons de sa rupture avec Ousmane Sonko. Il a justifié son engagement en faveur des institutions républicaines par une conviction ferme : « Je ne voulais pas sacrifier mes principes pour un poste. Depuis le début, j’ai fait le choix de la République. » Selon lui, son attachement à cette ligne lui a permis de se retirer avec sérénité, après avoir décliné une proposition de nomination au secteur de l’eau et de l’assainissement.
Pour Lansana Gagny Sakho, l’adhésion passée à Pastef s’expliquait par la crédibilité de ses représentants, mais la donne a changé après l’alternance. Il souligne avoir toujours privilégié la stabilité des institutions sénégalaises, un principe qu’il juge incompatible avec certaines positions d’Ousmane Sonko.
Des critiques envers Ousmane Sonko et ses positions controversées
Lansana Gagny Sakho reproche à Ousmane Sonko d’avoir fragilisé l’autorité de l’État par des déclarations publiques intempestives. Il cite notamment une intervention lors du déplacement officiel du président Faye aux États-Unis et en Chine, où Sonko aurait critiqué l’absence de fermeté du gouvernement. Selon Sakho, ces propos ont affaibli la crédibilité internationale du Sénégal et placé le chef de l’État dans une situation délicate.
Pour lui, le rôle d’un responsable politique ne se limite pas à l’opposition systématique, mais doit aussi contribuer à renforcer l’efficacité des institutions. Il admet que des tensions ont pu exister des deux côtés, mais insiste sur les progrès accomplis, notamment dans le domaine judiciaire, où des réformes ont été engagées pour garantir l’indépendance de la justice.
Justice sénégalaise : des magistrats loin d’être des marionnettes
L’ancien allié de Sonko évoque les remous au ministère de la Justice, où le remplacement de l’ancien garde des Sceaux, Ousmane Diagne, avait suscité des interprétations. Selon Sakho, cette décision visait à placer un ministre plus malléable, capable d’influencer les décisions judiciaires. « Personne ne pouvait me manipuler », avait affirmé Diagne devant l’Assemblée nationale, une déclaration que Sakho juge révélatrice de l’incompréhension des réalités du pouvoir.
Il rappelle que les magistrats sénégalais ne sont pas des exécutants dociles, mais des acteurs conscients de leur rôle dans l’équilibre démocratique. Pour lui, les critiques répétées sur l’indépendance de la justice relèvent souvent d’une méconnaissance des mécanismes institutionnels en place.
Un soutien affiché à la politique du président Diomaye Faye
Lansana Gagny Sakho a multiplié les prises de position en faveur du président Diomaye Faye, mettant en avant la nécessité de préserver la continuité de l’État. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte de démissions en cascade au sein de Pastef, plusieurs cadres rejoignant progressivement le camp présidentiel à l’approche de la création du parti Kiiraay.
Selon lui, l’heure n’est plus aux divisions, mais à la consolidation des institutions pour assurer la stabilité du Sénégal. Son discours reflète une vision pragmatique de la gouvernance, où l’intérêt national prime sur les querelles partisanes.