Face à l’escalade des tensions politiques en République démocratique du Congo (RDC), le président Félix Tshisekedi a décidé de reculer partiellement sur le projet de réforme constitutionnelle qui alimente les débats depuis des mois. Jeudi 13 août, dans un contexte de “course contre la montre” avec la Coalition Article 64 (C64), une alliance regroupant les principales forces d’opposition, le chef de l’État a sollicité une nouvelle lecture parlementaire de la loi encadrant l’organisation d’un référendum sur cette réforme.

La C64, créée en mai 2025, accuse le pouvoir en place de vouloir instrumentaliser ce scrutin pour permettre à Tshisekedi de briguer un troisième mandat, en violation de la Constitution de 2006. Une manœuvre qualifiée de “danger pour la stabilité démocratique” par les opposants, qui menacent de mobiliser massivement la population si leurs revendications ne sont pas entendues.

Une mobilisation populaire en suspens

Le 12 août à Kinshasa, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et porte-parole de la C64, avait prévenu : “Les conseils ne suffisent plus, le temps des actions est venu.” La coalition avait initialement programmé une marche de protestation le 15 août à Kinshasa, avant de la reporter sous la pression des Églises catholique et protestante, appelant au dialogue plutôt qu’à la confrontation.

Les organisations de la société civile, représentées par 65 associations, ont également interpellé le président dans un mémorandum rendu public le 10 août. Elles mettent en garde contre un “risque d’embrasement politique et social”, estimant que cette réforme détournerait l’attention des priorités nationales.

Un recul insuffisant pour l’opposition

Bien que Tshisekedi ait accepté d’ouvrir un nouveau débat parlementaire, la C64 salue cette décision comme “un timide pas dans la bonne direction”, tout en maintenant sa pression. Prince Epenge, cofondateur de la coalition, souligne que “les attentes restent entières”, notamment sur le retrait pur et simple de la proposition de loi.

Ainsi, malgré les concessions du pouvoir, le climat politique à Kinshasa reste électrique, avec une opposition déterminée à faire valoir ses droits par tous les moyens, y compris la rue.