Coopération militaire franco-gabonaise : vers une nouvelle ère pour le camp de Gaulle

Le Camp De Gaulle n’est désormais plus une base militaire française au Gabon. Cette déclaration, prononcée par l’ambassadeur de France à Libreville lors des festivités du 14 juillet, officialise la fin d’une ère et l’avènement d’un partenariat recentré entre les deux nations.

Une coopération militaire en pleine mutation

Fabrice Mauriès, représentant de la France au Gabon, a détaillé lors de son allocution les contours de cette transition. Il a évoqué un « processus d’adaptation co-construit », désormais « dans sa phase finale ». Ce changement s’inscrit dans une volonté commune de moderniser les liens de défense entre Paris et Libreville, adaptés aux réalités actuelles.

L’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, lors de son discours sur la coopération militaire

Un partenariat sécuritaire recentré

L’ambassadeur a rappelé l’importance historique de la coopération politique, sécuritaire et militaire entre la France et le Gabon. « Cette collaboration, fondée sur une amitié solide entre frères d’armes, reste un pilier essentiel de notre relation », a-t-il souligné. Désormais, c’est le Détachement de liaison interarmées au Gabon (DLI-G) qui anime cette coopération opérationnelle, tandis que les Écoles nationales à vocation régionale poursuivent leur mission de formation.

Fabrice Mauriès a également annoncé une transformation majeure de la présence militaire française sur place. « D’ici quelques semaines, ce partenariat aboutira à un équilibre clarifié et stabilisé », a-t-il précisé. Le Camp De Gaulle, autrefois symbole d’une base française, change de statut et terminera sa métamorphose sous un nouveau nom.

Des axes de coopération élargis

Au-delà des questions militaires, le diplomate a mis en avant un renforcement des liens en matière de sécurité intérieure et de justice. Il a notamment évoqué la création prochaine d’un parquet national financier au Gabon, en collaboration avec le ministre de la Justice local. D’autres priorités ont été citées, telles que la lutte contre le trafic de stupéfiants, l’immigration irrégulière, la surveillance des frontières, ainsi que le soutien aux forces de police, à la gendarmerie et aux services de secours.

Cette réorganisation s’inscrit dans le contexte post-changement de régime d’août 2023, ayant conduit à une refonte des relations de défense. Les Éléments français au Gabon (EFG) ont ainsi cédé la place au Détachement de liaison interarmées au Gabon (DLI-G), recentré sur la formation, le conseil et la coopération opérationnelle.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans la redéfinition des relations franco-gabonaises, confirmant la volonté des deux États de préserver un partenariat stratégique adapté aux défis sécuritaires contemporains en Afrique centrale.