Côte d’Ivoire et Ghana renforcent leur alliance pour un cacao durable
Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont coprésidé un sommet de haut niveau consacré à l’initiative cacao entre les deux pays, au palais présidentiel d’Abidjan-Plateau. Cette rencontre a permis aux deux chefs d’État d’adopter des décisions structurantes visant à bâtir une économie cacaoyère plus juste, plus forte et plus durable, au bénéfice des producteurs, des économies nationales et du continent africain. Parmi les mesures clés figurent l’harmonisation des politiques de prix au bord champ, l’augmentation de la valeur ajoutée et l’extension de cette initiative stratégique à d’autres nations africaines, comme l’a indiqué la présidence ivoirienne sur son compte officiel.
Premiers producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana réaffirment leur détermination commune à protéger les intérêts de leurs planteurs et à construire un avenir plus prospère pour la filière cacaoyère africaine. Le président Ouattara a salué la solidité des liens d’amitié, de fraternité et de coopération entre les deux nations, soulignant que ce sommet illustre leur engagement commun au service du développement de l’Afrique.
Lors de son discours d’ouverture, le président ivoirien a rappelé que le cacao représente un enjeu majeur pour la mobilisation des ressources nécessaires aux politiques de développement des deux pays, mais aussi un enjeu social et de souveraineté. La filière, qui fournit 60 % de la production mondiale et 80 % de la production africaine, fait vivre des millions de personnes. Il a insisté sur le rôle essentiel du planteur : « C’est lui, par son travail quotidien, qui nourrit l’industrie mondiale du chocolat. Le planteur doit rester au centre de toutes nos décisions. »
Le président Ouattara s’est également félicité des progrès accomplis depuis la Déclaration d’Abidjan du 26 mars 2018, date à laquelle les deux pays ont décidé d’unir leurs forces pour influencer les cours du cacao. La mise en place d’un différentiel de revenu décent a permis d’améliorer la rémunération des planteurs et de prouver qu’une action commune pouvait peser favorablement sur la formation des prix mondiaux.
Cependant, des défis persistent : volatilité des prix, changement climatique, vieillissement du verger, maladies du cacao, pression de l’orpaillage illégal sur le foncier, émergence de produits de substitution, et normes internationales, notamment européennes, en matière de durabilité.
De son côté, le président ghanéen John Dramani Mahama s’est réjoui du succès de la coopération ivoiro-ghanéenne sur le cacao et a exprimé son espoir en des lendemains meilleurs. Il a précisé que la volonté des deux parties est de « donner le pouvoir aux planteurs et de leur fournir tous les moyens pour continuer à produire ». Il a également annoncé un engagement à échanger et à mettre en œuvre les bonnes pratiques de part et d’autre, ainsi qu’à injecter davantage de financements dans la filière. Enfin, il a souligné la nécessité pour la Côte d’Ivoire et le Ghana d’entraîner les autres pays producteurs africains dans une stratégie de présence significative et continue sur le marché mondial.