Côte d’Ivoire : la vision d’ouattara pour une croissance inclusive et un état de droit renforcé

Côte d’Ivoire : la vision d’ouattara pour une croissance inclusive et un état de droit renforcé

Abidjan — Les 66 ans de son indépendance offrent à la Côte d’Ivoire l’opportunité de se projeter vers une nouvelle ère politique. Le président Alassane Dramane Ouattara y place deux impératifs majeurs : accélérer la transformation économique du pays et consolider l’État de droit.

Au-delà des indicateurs macroéconomiques ou des promesses de sécurité, son message national dessine une ambition claire : bâtir une Côte d’Ivoire plus puissante, mais surtout plus juste. La formule « Grande Côte d’Ivoire » n’est pas un simple slogan. Elle incarne la volonté de fédérer l’ensemble des acteurs – institutions publiques, entreprises, forces politiques, société civile, autorités traditionnelles et communautés religieuses – autour d’un projet collectif dépassant les clivages partisans.

Transformer l’ambition nationale en réalité concrète

Cette vision s’appuie sur un contexte économique déjà favorable, marqué par des investissements massifs dans les infrastructures, les transports, l’énergie et les capacités portuaires. Le nouveau Plan national de développement 2026-2030 doit servir de catalyseur à cette dynamique, avec pour objectif de propulser le pays vers un niveau de développement supérieur.

Pourtant, la réussite de cette stratégie ne saurait se mesurer uniquement à l’aune des réalisations matérielles. Le véritable défi réside dans la capacité à réduire les inégalités territoriales, à offrir davantage d’opportunités à la jeunesse ivoirienne et à ancrer la croissance dans une amélioration tangible des conditions de vie pour tous. La « Grande Côte d’Ivoire » ne deviendra une réalité tangible que si elle se traduit par une inclusion sociale effective.

Modernisation urbaine et respect de la loi : un équilibre à trouver

Le second pilier du discours présidentiel, diffusé lors d’une allocution télévisée, aborde un sujet tout aussi crucial : la nécessité de concilier développement et justice. Alors que les opérations de sécurisation des zones à risque se poursuivent, notamment face aux intempéries saisonnières, le chef de l’État a rappelé avec fermeté que toute action administrative doit respecter scrupuleusement le cadre légal.

Les dérives observées dans certains quartiers, comme à Koumassi, ont été pointées du doigt. Le président a ordonné des enquêtes approfondies pour identifier les responsables et appliquer les sanctions prévues. Cette prise de position envoie un signal fort : une politique de modernisation urbaine peut être légitime, mais elle ne doit en aucun cas justifier des pratiques arbitraires ou des déplacements forcés de populations sans garanties juridiques.

L’État ivoirien a ainsi l’opportunité de démontrer qu’il peut allier rigueur et équité : aménager, construire et sécuriser, tout en se soumettant aux règles qu’il a lui-même édictées. Ce principe dépasse le cadre des déguerpissements. Il engage la crédibilité même des institutions.

Une cohérence politique comme gage de succès

La Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui face à un défi bien plus complexe que la simple croissance économique. Elle doit prouver qu’une puissance régionale émergente peut simultanément renforcer ses infrastructures, garantir la stabilité, protéger ses citoyens et préserver la confiance dans ses institutions.

C’est là que réside toute la portée du discours présidentiel. L’appel à l’union nationale ne portera ses fruits que si chaque composante de la société ivoirienne se reconnaît dans ce projet commun. De même, l’État de droit ne peut se limiter à une notion théorique : il doit s’incarner dans chaque décision prise au nom de l’État.

Le président Ouattara trace ainsi une feuille de route à la fois ambitieuse et exigeante. Construire plus rapidement, renforcer la sécurité, moderniser le pays, mais sans jamais perdre de vue ceux pour qui cette transformation est engagée : les citoyens ivoiriens.

La « Grande Côte d’Ivoire » ne se résumera pas à l’édification de grands projets ou à des performances économiques. Son succès se mesurera à sa capacité à concilier puissance publique, justice et inclusion sociale. C’est cette cohérence, bien plus que les discours, qui déterminera si la prochaine étape du pays constitue véritablement un changement d’échelle historique.