Crise humanitaire au Tchad : plus d’un million de réfugiés soudanais en danger faute de fonds
crise humanitaire au Tchad : plus d’un million de réfugiés soudanais en danger faute de fonds
Plus d’un million de réfugiés soudanais au Tchad risquent de perdre une partie essentielle de l’aide vitale qui leur est apportée. Alimentation, eau potable, abris, soins médicaux et protection sont menacés par des réductions budgétaires drastiques, alors que le conflit au Soudan entre dans sa quatrième année. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) tirent la sonnette d’alarme : sans financement urgent, la situation pourrait devenir catastrophique.
un déficit de financement critique pour les réfugiés soudanais au Tchad
Les deux agences onusiennes révèlent qu’elles ne disposent que de moins de la moitié des ressources nécessaires pour répondre aux besoins des réfugiés. Un déficit de 428 millions de dollars — réparti entre 289 millions pour le HCR et 139 millions pour le PAM — doit être comblé rapidement pour éviter des coupes dramatiques dans l’aide humanitaire. « L’aide essentielle sera réduite dans les mois à venir si ce déficit n’est pas comblé », ont-ils averti.
le Tchad en première ligne face à l’afflux de réfugiés
Depuis le début du conflit au Soudan, le Tchad a accueilli plus de 900 000 réfugiés, portant le total à 1,3 million. Dans certaines régions, comme l’est du pays, cette crise humanitaire a un impact direct sur la population locale : une personne sur trois y est désormais réfugiée. Malgré des ressources limitées, les autorités tchadiennes maintiennent leurs frontières ouvertes et continuent d’accueillir de nouveaux arrivants, avec près de 15 000 réfugiés supplémentaires depuis janvier 2026.
seulement 40 % des réfugiés bénéficient d’une assistance de base
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Le HCR ne peut fournir une assistance de base qu’à quatre réfugiés sur dix, laissant des centaines de milliers de personnes sans accès suffisant à l’eau, aux abris ou aux soins médicaux. « Ce que nous observons dans l’est du Tchad illustre le coût humain des insuffisances de financement », déclare Patrice Ahouansou, Représentant du HCR au Tchad.
Les conditions de vie se dégradent rapidement :
- 80 000 familles sont sans abri ;
- certains réfugiés survivent avec moins de la moitié de la quantité minimale d’eau quotidienne requise ;
- les centres de santé sont saturés, tout comme les services de protection, notamment pour les victimes de violences sexuelles ;
- les écoles sont bondées, avec parfois plus de 100 élèves par enseignant ;
- plus de 243 000 personnes restent bloquées dans des zones frontalières dangereuses, faute de moyens pour les relocaliser.
l’aide alimentaire réduite de moitié pour les réfugiés
Le PAM, qui soutient plus d’un million de personnes, a déjà dû diviser par deux les rations alimentaires pour la majorité des réfugiés. Les femmes et les jeunes enfants sont les plus touchés. « Avec moins de la moitié des ressources nécessaires, nous ne pouvons pas fournir une aide alimentaire suffisante aux personnes les plus vulnérables », explique Sarah Gordon-Gibson, directrice et représentante du PAM au Tchad. « Cela poussera les familles à adopter des stratégies de survie dangereuses, mettant des vies en péril. »
un appel urgent à la communauté internationale
Les agences onusiennes appellent à une mobilisation immédiate pour éviter une dégradation rapide de la situation. « Nous avons terminé l’année 2025 avec seulement un tiers des fonds nécessaires. Sans un soutien urgent des donateurs, cette année sera marquée par des coupes encore plus sévères, des conditions de vie insupportables et des souffrances accrues pour des familles déjà traumatisées par la guerre », déclarent-elles.
Le HCR et le PAM saluent la générosité des donateurs mais insistent sur la nécessité d’une solidarité internationale renforcée. « L’ouverture du Tchad doit s’accompagner d’un partage équitable des responsabilités, avant que la situation ne devienne ingérable. »