Crise humanitaire au Tchad : violences et défis sanitaires pour les réfugiées
crise humanitaire au Tchad : violences et défis sanitaires pour les réfugiées
Le Tchad subit une pression humanitaire croissante avec plus de 1,3 million de réfugiés et rapatriés, majoritairement des femmes et des enfants, fuyant des crises régionales. Ce pays, déjà fragilisé par la pauvreté et un système de santé sous-financé, voit sa situation s’aggraver jour après jour.
l’impact du conflit au Soudan sur les femmes réfugiées
Lors d’une mission dans l’est du Tchad, le directeur exécutif adjoint de l’agence onusienne chargée de la santé sexuelle et reproductive a partagé un bilan contrasté : « une situation à la fois encourageante et profondément alarmante ». À Abéché, Adré et dans le camp d’Iridimi, les conséquences du conflit au Soudan se ressentent directement sur les femmes et les filles réfugiées.
Dans les zones frontalières, comme Adré, les femmes quittent les camps pour récolter du bois de chauffage, malgré les risques de violences. Les témoignages recueillis révèlent des agressions, du harcèlement et des violences sexuelles lors de ces sorties indispensables. « La collecte de bois devient un moment de terreur », a-t-il souligné.
Malgré ces dangers, des centres soutenus par l’agence onusienne offrent un soutien psychosocial, des formations professionnelles et des activités génératrices de revenus, renforçant la résilience des femmes accompagnées.
le drame des fistules obstétricales
À Abéché, une jeune survivante de fistule obstétricale a été rencontrée. Mariée à 15 ans, elle a perdu son bébé après trois jours de travail sans assistance médicale. Abandonnée par son mari, elle a vécu près de dix ans avec cette complication avant d’être enfin soignée. Pourtant, les pressions pour un remariage persistent.
des moyens sanitaires insuffisants face à l’afflux de réfugiés
Dans la province du Wadi Fira, le camp d’Iridimi accueille plus de 333 000 réfugiés. Les structures de santé locales, submergées, peinent à répondre aux besoins croissants. Les sages-femmes réalisent jusqu’à 300 accouchements par mois, mais les pénuries d’anesthésiants compliquent les interventions, comme les césariennes, parfois effectuées sans soulagement.
« Aucune femme ne devrait subir une césarienne sans anesthésie », a dénoncé le responsable onusien. Les réductions de financements aggravent la situation : le bureau de l’agence a vu ses ressources chuter de 44 % par rapport à 2025. Sur les 18,7 millions de dollars demandés pour 2026, seulement 2,5 % ont été obtenus, alors que le Tchad affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde (860 décès pour 100 000 naissances).
L’agence onusienne lance un appel urgent à la communauté internationale pour renforcer son soutien. « Pour les femmes et les filles de l’est du Tchad, l’aide représente la promesse d’un accouchement sans danger, de soins après des violences et d’une chance de survie », a conclu le responsable.