Discours royal 2026 : le roi Mohammed VI esquive l’imputabilité des échecs après 27 ans de règne
Le discours de 2026 prononcé par le Roi Mohammed VI à l’occasion du 27ᵉ anniversaire de son avènement sur le Trône marocain a marqué les esprits par son double visage : d’un côté, une célébration des réussites nationales, de l’autre, une esquive des responsabilités face aux défis persistants. Dans un contexte régional marqué par l’instabilité, le Souverain a choisi de mettre en avant la stabilité institutionnelle et la vision stratégique comme piliers de la continuité marocaine. Pourtant, derrière cette façade de succès économiques et sociaux, la question de l’imputabilité des zones d’ombre reste entière.
Un bilan économique présenté comme une preuve d’efficacité
Le Souverain a détaillé avec précision les acquis majeurs du Maroc sous son règne, cherchant à démontrer que les résultats obtenus ne relèvent pas du hasard. Parmi les chiffres avancés :
- Un taux de croissance de 4,9 % en 2025, présenté comme le fruit d’une gouvernance rigoureuse et d’une vision à long terme.
- Le Maroc, leader africain des exportations automobiles, avec une industrie devenue un symbole de modernisation.
- Un record historique dans le secteur touristique, avec près de 20 millions de visiteurs accueillis.
Le Roi a tenu à souligner que ces réussites transcendent les mandats gouvernementaux, les attribuant à une dynamique cumulative plutôt qu’à une action ponctuelle. Une manière de suggérer que la stratégie nationale dépasse les alternances politiques.
La responsabilité politique : un angle mort du discours royal
C’est précisément sur ce point que le discours révèle son paradoxe. En s’appropriant les succès, le texte royal érige la responsabilité au sommet de l’État. Pourtant, cette même logique soulève une interrogation légitime : si la vision stratégique est la clé des avancées, comment expliquer la persistance de défis majeurs après 27 ans de gouvernance ?
Le Souverain a évoqué une autocritique constructive, mais celle-ci est restée implicite dans le bilan public. Le discours prône un esprit de responsabilité partagée entre les institutions, tout en maintenant une vision holistique du pouvoir. Résultat : les échecs, lorsqu’ils sont évoqués, semblent se diluer dans une logique collective, tandis que les succès sont individualisés au sommet de l’État.
Un nouveau cycle annoncé, mais sans rupture
Le texte royal a confirmé la poursuite d’un nouveau cycle politique après les élections législatives, avec pour mots d’ordre la préservation des acquis et la poursuite des réformes. Une annonce qui confirme la continuité plutôt qu’une refonte des orientations stratégiques.
En conclusion, le discours de 2026 apparaît comme un exercice de légitimation politique. En réclamant la confiance pour l’avenir tout en s’appropriant le récit du passé, il laisse en suspens une question centrale : qui porte la responsabilité des zones d’ombre accumulées sur un quart de siècle ? La réponse, pour l’instant, reste suspendue dans le flou des déclarations royales.