Ébola en rdc : une sixième province touchée par l’épidémie meurtrière

ébola en rdc : une sixième province touchée par l’épidémie meurtrière

illustration de l'épidémie d'Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola, qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC), s’aggrave et s’étend à une sixième province située dans le nord du pays. Cette flambée, désormais considérée comme la plus meurtrière de l’histoire du pays, menace également de franchir les frontières avec le Soudan du Sud voisin.

Les autorités congolaises ont officiellement déclaré le 15 mai la 17e épidémie d’Ebola de l’histoire du pays. Trois mois après cette annonce, les chiffres sont alarmants : plus de 4 500 cas ont été recensés, avec un bilan provisoire de 2 128 morts.

Pour comparaison, la précédente épidémie la plus grave en RDC, entre 2018 et 2020, avait causé près de 2 300 décès pour 3 500 malades. En seulement trois mois, l’actuelle flambée a déjà dépassé ces chiffres en termes de morts et de cas confirmés.

Une propagation rapide et des défis majeurs

Jusqu’à présent, cinq provinces étaient concernées par l’épidémie : l’Ituri (frontalière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud), le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Mais une première victime a été enregistrée dans le Bas-Uélé, province jusqu’alors épargnée, située au nord du pays et frontalière avec la République centrafricaine.

Selon Jean Kaseya, directeur de l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC), cette personne décédée s’était déplacée depuis le Haut-Uélé, où des cas avaient déjà été identifiés. Lors d’une conférence en ligne, il a souligné que l’épidémie progresse à un rythme sans précédent sur le continent africain.

Les experts s’alarment également du risque de contamination au Soudan du Sud, pays voisin de l’Ituri et du Haut-Uélé. Une ONG de terrain a mis en garde contre la présence de corridors à haut risque situés à seulement 35 kilomètres de la frontière sud-soudanaise.

L’accès aux zones touchées reste un problème majeur. Les équipes sanitaires font face à des services de santé saturés, un manque d’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires insuffisantes. La méfiance des populations et l’insécurité persistante dans certaines régions, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, compliquent davantage la riposte.

Une situation complexe dans l’est de la RDC

Dans l’est du pays, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont divisées par des lignes de front entre l’armée congolaise et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda. Ce conflit a permis au groupe de s’emparer de vastes territoires, isolant certaines communautés et limitant l’efficacité des interventions sanitaires.

Malgré ces défis, une lueur d’espoir se profile : les autorités sanitaires congolaises ont annoncé la fin de l’épidémie au Sud-Kivu après plus de 42 jours sans nouveau cas enregistré.

Des mesures d’urgence pour endiguer la crise

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé son espoir de renverser la tendance en trois mois. Cependant, la transmission du virus, qui s’effectue par contact avec les fluides corporels, reste une menace constante.

Récemment, un cas suspect avait été signalé sur un bateau naviguant sur le fleuve Congo en direction de Kinshasa. Après investigation, aucun autre cas n’a été confirmé parmi les passagers, qui ont pu débarquer en toute sécurité.

Depuis 50 ans, l’Afrique a payé un lourd tribut face à Ebola, avec plus de 15 000 morts recensés. La situation en RDC rappelle une fois de plus l’urgence d’une réponse coordonnée et renforcée pour venir à bout de cette épidémie dévastatrice.