Lors du troisième chapitre de l’initiative internationale « Un appel à la paix, à la fin des guerres et au respect du droit international », organisé les 16 et 17 juillet 2026 à Luanda, en Angola, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a porté un message fort aux dirigeants africains et internationaux. Cette rencontre, qui s’inscrit dans une série de sommets tenus précédemment à Gernika (Espagne) et Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), avait pour objectif de renforcer la coopération multilatérale et de promouvoir des solutions pacifiques face aux conflits qui déchirent plusieurs régions du monde.
Le chef de l’État congolais, dont le pays subit depuis des années les conséquences dramatiques des violences dans sa partie orientale, a partagé un témoignage poignant sur les souffrances endurées par les populations civiles. Il a également dénoncé les conséquences désastreuses de l’exploitation illicite des ressources naturelles, qui alimente l’économie de guerre au lieu de financer le développement national.
« Mon pays paie le lourd tribut de la guerre. Il connaît la douleur des familles déplacées, l’angoisse des populations prises au piège de la violence, les souffrances des femmes victimes de violences inacceptables, le deuil des communautés frappées par les massacres, et le traumatisme des enfants privés d’école, de sécurité et d’avenir. Il connaît aussi les conséquences de l’exploitation illicite des ressources naturelles, lorsque les richesses du pays, au lieu de servir au développement, deviennent le carburant d’une économie de guerre », a-t-il déclaré avec gravité.
L’Est de la RDC : un test pour l’Afrique et la communauté internationale
Félix Tshisekedi a rappelé que la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo reste marquée par l’activisme persistant de groupes armés, les déplacements massifs de populations, les violations des droits humains et les ingérences extérieures. Selon lui, cette crise n’est pas seulement une épreuve nationale, mais un véritable « test » pour l’Afrique et la communauté internationale.
« Depuis plusieurs années, la partie orientale de mon pays est confrontée à une situation sécuritaire et humanitaire grave, marquée par l’activisme des groupes armés, les déplacements massifs de populations civiles, les violations des droits humains, les atteintes à son intégrité territoriale et les ingérences extérieures. Cette réalité n’est pas seulement une épreuve nationale. Elle est un test pour notre région, pour l’Afrique et pour la communauté internationale », a-t-il souligné.
Un appel à la paix « vérifiable sur le terrain »
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue, Félix Tshisekedi a salué les initiatives diplomatiques en cours, notamment les processus de Washington et de Doha, soutenus par l’Union africaine. Cependant, il a insisté sur la nécessité d’une paix non seulement promise, mais concrète et vérifiable sur le terrain.
« La paix ne peut pas rester une promesse suspendue. Elle doit se traduire par des actes concrets, elle doit être vérifiable sur le terrain. Elle doit restaurer l’autorité de l’État, garantir la protection des populations civiles, permettre le retour digne, volontaire et sécurisé des déplacés et des réfugiés. Elle doit enfin ouvrir la voie à la justice, à la réparation et à la réconciliation », a-t-il martelé.
Le président congolais a appelé à un engagement renouvelé pour replacer l’être humain au cœur de toute démarche de paix. Il a plaidé pour que les dirigeants fassent prévaloir la responsabilité sur l’indifférence, le droit sur la force, la vérité sur la propagande, et la justice sur l’impunité.
« À l’heure où nous commémorons les 80 ans de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies, notre responsabilité n’est pas seulement d’en célébrer l’héritage ; elle est d’en faire vivre la promesse. Cette promesse est simple, mais immense : préserver les générations futures du fléau de la guerre. Elle n’a rien perdu de son actualité. Elle nous oblige. Si nous voulons réellement mettre fin aux guerres, nous devons commencer par restaurer la force du droit. Si nous voulons réellement défendre le droit international, nous devons l’appliquer avec constance, sans sélectivité et sans complaisance », a-t-il conclu.
Cet appel intervient alors que, malgré les accords de paix signés et les négociations en cours, la situation dans l’Est de la RDC continue de se dégrader. Les divergences entre les parties et le manque de mise en œuvre des engagements freinent les efforts en faveur d’une paix durable. Félix Tshisekedi a rappelé que l’appel de Luanda ne doit pas rester une déclaration de plus, mais devenir un engagement concret pour défendre le droit international et protéger les populations civiles.