Français détenu au Sénégal pour homosexualité : la France en alerte

Un ressortissant français arrêté au Sénégal en raison de son orientation sexuelle

Un Français a été placé en détention le 14 février 2026 au Sénégal, accusé d’actes contre-nature dans le cadre d’une vaste opération judiciaire. Les autorités locales évoquent également des chefs d’accusation liés à l’association de malfaiteurs, au blanchiment de capitaux ainsi qu’à la tentative de transmission volontaire du VIH. Cette affaire s’inscrit dans un contexte marqué par un durcissement sans précédent de la législation contre les personnes LGBT+ dans le pays.

Les services diplomatiques français, en coordination avec le consulat de France à Dakar, assurent un suivi constant et attentif de la situation de ce ressortissant. Quatre visites consulaires ont déjà été effectuées afin d’assurer sa protection consulaire, conformément aux engagements internationaux de la France. Par ailleurs, les autorités françaises maintiennent un contact régulier avec sa famille pour les tenir informées de l’évolution du dossier.

Une loi sénégalaise qui criminalise davantage l’homosexualité

Le 31 mars 2026, le gouvernement sénégalais a promulgué une nouvelle loi renforçant la répression de l’homosexualité. Désormais, les infractions liées à l’orientation sexuelle entre personnes de même sexe sont passibles de cinq à dix ans de prison et d’une amende pouvant atteindre 15 000 euros. Cette réforme legislative, portée par le Premier ministre Ousmane Sonko, vise à encadrer juridiquement des actes jusqu’alors qualifiés de manière vague par le terme « actes contre-nature ».

Lors de son annonce officielle en février 2026, Ousmane Sonko avait justifié cette mesure en déclarant : « Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe constitue un acte contre-nature. Nous allons donc le définir, car il n’y avait pas de définition juridique claire. » Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, les médias locaux rapportent une hausse significative des arrestations liées à l’orientation sexuelle.

Réactions internationales et position de la France

Cette nouvelle législation a suscité de vives réactions au niveau international. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a dénoncé une mesure « profondément préoccupante », qualifiant cette réforme de violation flagrante des droits humains.

La France, par la voix de ses représentants diplomatiques, a réaffirmé son attachement absolu aux droits de l’homme, insistant sur leur universalité et leur indivisibilité. Paris a rappelé son engagement historique en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité et de la lutte contre toutes formes de discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

Dans un communiqué officiel, les autorités françaises ont exprimé leur soutien total aux personnes LGBT+ dont les droits fondamentaux sont menacés par cette loi. « Aucune discrimination n’est acceptable, où que ce soit dans le monde », a-t-on souligné au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Cette affaire met en lumière les tensions croissantes autour des droits des minorités sexuelles en Afrique de l’Ouest, alors que plusieurs pays du continent renforcent leurs législations répressives à l’encontre des personnes LGBT+.