Gabon : le chantier titanesque de kobé-kobé, clé de l’après-pétrole

Le Gabon franchit une étape décisive vers son autonomie industrielle en lançant les travaux du port en eau profonde de Kobé-Kobé. Sous l’impulsion du général Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet intégré vise à transformer le modèle économique du pays d’ici 2030, en s’appuyant sur le gisement de fer de Belinga, un corridor ferroviaire inédit et le barrage hydroélectrique de Booué.

Une infrastructure portuaire de premier plan

Situé dans la province de l’Estuaire, le terminal en eau profonde de Kobé-Kobé offrira un tirant d’eau de 14 à 16 mètres, permettant d’accueillir les plus grands navires de commerce. Cette capacité technique renforce la compétitivité du Gabon face aux ports rivaux du golfe de Guinée, comme Kribi au Cameroun ou Pointe-Noire au Congo.

Mais la véritable force du projet réside dans son caractère interconnecté. Kobé-Kobé ne sera pas un port isolé : il constituera le débouché maritime d’une vaste chaîne de valeur nationale, articulée autour de trois piliers : l’exploitation du gisement de fer de Belinga (dans l’Ogooué-Ivindo), la construction d’un corridor ferroviaire direct reliant Belinga au port, et le barrage de Booué pour assurer l’autonomie énergétique.

Un levier d’emplois et de souveraineté

Au-delà des infrastructures, le projet Kobé-Kobé est présenté comme un puissant moteur d’inclusion sociale. Les autorités de Libreville tablent sur la création de 160 000 emplois directs et indirects, offrant aux jeunes Gabonais des opportunités dans des secteurs techniques variés : génie civil, manutention portuaire, ingénierie énergétique, maintenance ferroviaire et métallurgie.

Le gouvernement entend également intégrer les PME nationales dans les chaînes de sous-traitance, créant un effet d’entraînement pour l’économie locale. Ce projet incarne la doctrine de restauration de la souveraineté économique, alors que le pays se prépare à l’épuisement progressif de ses réserves pétrolières. Si le calendrier est respecté, Kobé-Kobé deviendra dès 2030 le principal moteur de l’émergence industrielle du Gabon.