Gabon : vers une refondation structurelle avec Yves Fernand Manfoumbi

Transformer le Gabon ne se limite pas à des ajustements superficiels. C’est le message sans ambiguïté qu’a porté Yves Fernand Manfoumbi, ancien directeur général du budget et ancien ministre, dans une tribune partagée sur sa page Facebook. Pour ce spécialiste des politiques publiques, le pays doit abandonner les solutions à court terme pour adopter une approche radicalement nouvelle, centrée sur la planification stratégique et l’évaluation des actions menées.

Analysant avec lucidité les faiblesses de la gouvernance gabonaise, il souligne que l’administration a trop souvent réagi dans l’urgence aux crises, sans jamais anticiper les défis structurels. Pour lui, « aucun État ne se construit dans l’improvisation », citant en exemples des modèles de réussite comme Singapour, la Corée du Sud ou le Rwanda. Ces nations ont transformé leur destin grâce à une vision de long terme et une discipline rigoureuse en matière de prospective.

Pourtant, le Gabon dispose d’atouts majeurs pour réussir sa transition : des ressources naturelles abondantes, une biodiversité préservée et une jeunesse dynamique. Le véritable enjeu réside désormais dans la mise en œuvre d’une méthodologie adaptée.

Une gouvernance exigeante : résultats et transparence

Selon Yves Fernand Manfoumbi, cette refondation repose sur trois principes fondamentaux. Le premier est la planification, où « chaque initiative publique doit être alignée sur un objectif clair et mesurable ». Le second pilier est l’évaluation systématique : « une politique non évaluée finit par coûter plus qu’elle ne rapporte ». Enfin, l’anticipation des défis globaux, comme l’intelligence artificielle ou les changements climatiques, devient indispensable.

Le technocrate insiste sur un changement radical de posture : « diriger, ce n’est pas communiquer ; c’est garantir des résultats tangibles ». Pour lui, l’action publique doit passer d’une logique de communication à une logique de performance.

Construire des institutions adaptées au XXIe siècle

Pour que cette vision se concrétise, la rigueur doit s’appliquer à tous les niveaux de l’État. Yves Fernand Manfoumbi rappelle une réalité incontournable : « le XXIe siècle récompensera les nations les mieux organisées, et non les plus riches en ressources ». Une administration performante, capable de planifier et d’anticiper, est désormais la clé de la compétitivité gabonaise.

La refondation du Gabon ne peut plus se contenter de réformes ponctuelles. Elle exige une doctrine d’État, où la planification et l’évaluation deviennent les fondements d’une gouvernance moderne.