La rdc alerte à l’ONU sur les risques des minerais critiques face aux conflits

La RDC alerte à l’ONU sur les risques des minerais critiques face aux conflits

Lors d’une réunion de haut niveau organisée à New York, la République démocratique du Congo a mis en lumière les enjeux cruciaux liés à l’exploitation de ses minerais stratégiques. Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État des Affaires étrangères, a souligné les défis majeurs auxquels le pays est confronté, notamment dans l’est du territoire.

L’exploitation illicite des ressources, un fléau aux conséquences multiples

L’est de la RDC, riche en minerais comme le coltan, est le théâtre d’une exploitation illicite qui dépasse le cadre économique. À Rubaya, un important site minier, la production de coltan représente entre 15 % et 30 % de la demande mondiale. Pourtant, cette richesse est détournée au profit de groupes armés, avec des conséquences dramatiques.

Selon les rapports des experts onusiens, au moins 1 400 tonnes de coltan ont été illégalement introduites au Rwanda en l’espace d’un an. Ce trafic génère environ 800 000 dollars américains par mois pour des groupes soutenus par Kigali, comme le M23. Ces activités alimentent non seulement les conflits, mais aussi l’érosion de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

Une gouvernance renforcée pour la paix et la stabilité

Face à cette situation, la RDC a plaidé pour une gouvernance plus stricte des minerais critiques lors de sa présidence du Conseil de sécurité de l’ONU. La ministre des Affaires étrangères a insisté sur la nécessité de lier la gestion des ressources naturelles à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix. « Les principes directeurs de l’ONU ne suffiront pas sans des actions concrètes sur le terrain », a-t-elle déclaré.

Vers des partenariats équilibrés et responsables

La RDC a également appelé à la création de partenariats plus équilibrés avec les pays consommateurs de minerais. Ces collaborations doivent aller au-delà de l’accès aux matières premières et inclure le transfert de technologies, le développement des compétences locales et l’industrialisation. « La responsabilité doit s’étendre à toute la chaîne de valeur, des producteurs aux consommateurs », a souligné Thérèse Kayikwamba Wagner.

Traçabilité et lutte contre la fraude

La traçabilité des minerais est présentée comme un outil essentiel pour lutter contre la fraude et le financement des groupes armés. Cependant, elle doit être mise en œuvre sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes. « La traçabilité doit protéger les producteurs honnêtes et éviter de créer de nouveaux obstacles », a précisé la cheffe de la diplomatie congolaise.

Un appel à une transition énergétique inclusive

Enfin, la RDC a rappelé que la transition énergétique mondiale ne doit pas se faire au détriment des pays producteurs. Les progrès industriels ne doivent pas occulter la nécessité d’améliorer la sécurité, la souveraineté et la prospérité des populations locales. « Une transition juste doit inclure tous les acteurs, des producteurs aux consommateurs », a conclu la ministre.

Clément Muamba