Lambert Mende défend la continuité de Tshisekedi face à l’agression rwandaise en RDC
Lors d’une récente matinée politique organisée par la Convention des Congolais Unis (CCU), Lambert Mende Omalanga a exposé sa vision de la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Le dirigeant de la CCU a instamment appelé les citoyens congolais à transcender leurs désaccords internes pour s’unir face à ce qu’il qualifie de menace fondamentale pour l’existence même de la nation.
C’est sous l’égide de la question pressante « De quoi demain sera-t-il fait ? » que Lambert Mende Omalanga a structuré son discours devant les membres de la Convention des Congolais Unis, invitant à une réflexion sur l’avenir.
Cette allocution, présentée comme une déclaration des « lumumbistes de la CCU à la Nation », a longuement abordé la crise sécuritaire persistante qui affecte l’Est de la RDC depuis de nombreuses décennies.
Selon Lambert Mende, la dynamique géopolitique mondiale et régionale a eu un impact déterminant sur le contexte congolais depuis 1996.
Kigali sous les accusations de Kinshasa
Lambert Mende pointe du doigt le Rwanda, le désignant comme le principal instigateur de l’instabilité chronique qui déstabilise l’Est de la RDC. Il soutient que divers groupes armés opérant dans cette région agiraient comme des forces supplétives de Kigali, s’appuyant sur les informations présentées dans son intervention.
Il a également rappelé les justifications successives invoquées par le président rwandais Paul Kagame pour légitimer l’ingérence de son pays en République démocratique du Congo, notamment la présence des FDLR et la prétendue nécessité de protéger la population tutsie du Kivu.
Ces arguments, selon Mende, auraient progressivement muté en revendications territoriales, perçues comme une atteinte inacceptable à l’intégrité de la RDC.
L’espoir malgré la gravité : La pression internationale s’accentue
Face à la gravité du contexte, le président de la CCU exprime un optimisme mesuré. Il considère que la pression diplomatique croissante exercée sur Kigali représente un atout pour la RDC.
Il a spécifiquement mentionné les sanctions imposées par les États-Unis, les jugeant efficaces pour intensifier la pression sur le régime rwandais.
De plus, Lambert Mende a salué l’initiative de désarmement volontaire des FDLR, qu’il voit comme une étape cruciale pour invalider l’un des arguments majeurs de Kigali concernant la présence de ses troupes dans l’Est congolais.
Dialogue national : Les conditions de la CCU pour la paix
Concernant la perspective d’un Dialogue national inclusif, Lambert Mende a noté une convergence initiale des vues entre le gouvernement, l’opposition et la société civile quant à l’importance d’une telle plateforme de discussion.
Néanmoins, pour la CCU, la priorité absolue demeure la riposte à l’agression rwandaise et la consolidation de l’unité nationale. Ce Dialogue, a-t-il précisé, devrait notamment viser à concevoir et déployer un mécanisme de prévention et de protection contre toute forme de terrorisme, quelle qu’en soit l’origine.
Lambert Mende a exprimé des réserves quant à la participation de figures judiciairement condamnées ou ciblées par des sanctions internationales pour leur complicité avec l’agresseur. Il a également insisté sur le fait que les membres de groupes armés collaborant avec le Rwanda, et qui n’auraient pas officiellement rompu leurs liens, devraient être exclus de ce rassemblement.
Réforme constitutionnelle : Mende invite à tempérer les débats
La question de la réforme constitutionnelle a également occupé une place significative dans cette intervention.
L’ancien ministre et porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila a souligné l’importance de différencier le vote d’une loi référendaire de l’organisation concrète d’un référendum constitutionnel. Il a rappelé que ce dernier représente un acte de consultation populaire essentiel à la démocratie constitutionnelle.
De plus, il a avancé que les États ont la capacité d’ajuster leur calendrier politique et institutionnel face à des situations extraordinaires, citant en exemple les États-Unis durant les crises majeures du XXe siècle et l’Ukraine en période de conflit armé.
Le maintien de Tshisekedi à la tête de l’État durant l’agression
L’intervention de Lambert Mende a également abordé de front la question de l’avenir politique du président Félix-Antoine Tshisekedi.
La CCU soutient fermement que le chef de l’État doit demeurer en poste tant que l’agression rwandaise contre la RDC perdurera. Lambert Mende a mis en avant Félix Tshisekedi comme étant le seul des quatre présidents de la RDC depuis 1996 à avoir, selon son analyse, initié des actions politiques, militaires et diplomatiques d’envergure pour contrer cette agression.
Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat autour de la réforme constitutionnelle et de l’avenir institutionnel du pays génère de vives réactions au sein de la sphère politique congolaise.
« La maison commune brûle » : Un appel urgent à l’unité
Dans la continuité de son plaidoyer pour la cohésion nationale, Lambert Mende exhorte les Congolais à reléguer au second plan les désaccords politiques, qu’il juge pouvoir être abordés ultérieurement. Il insiste sur le fait que la sécurité et la survie de l’État congolais doivent primer, d’autant plus dans un contexte qu’il décrit comme une crise humanitaire complexe.
Le leader de la CCU a notamment mis en lumière la progression de l’épidémie d’Ebola dans les zones frontalières de l’Est du pays, là où s’affrontent les forces rwandaises et congolaises, ajoutant une dimension sanitaire critique à l’information africaine.
Vers une alliance stratégique avec les États-Unis
En guise de conclusion, Lambert Mende a exprimé son soutien à la démarche du président Tshisekedi visant à établir une alliance stratégique entre la RDC et les États-Unis. Selon lui, cette coopération pourrait significativement accroître la résilience des peuples africains, et plus spécifiquement du peuple congolais, en permettant au pays de bâtir une véritable stratégie de puissance face aux multiples menaces actuelles.
« La maison commune brûle », a-t-il martelé, un appel vibrant aux Congolais pour qu’ils dépassent les clivages politiques et se mobilisent autour de la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, un enjeu majeur de l’Afrique subsaharienne actualité.
Le message des lumumbistes de la CCU se présente donc comme un vibrant plaidoyer en faveur de l’unité nationale, de la cohésion et de la focalisation des énergies congolaises sur la résolution de la crise sécuritaire.
« Que vive la République démocratique du Congo, une et indivisible ! », a conclu solennellement Lambert Mende Omalanga.