Laurent Gbagbo reste leader du PPA-CI après son congrès
Laurent Gbagbo maintient son leadership au PPA-CI malgré les ambitions affichées de départ
L’ex-chef d’État ivoirien Laurent Gbagbo, figure historique de la vie politique ivoirienne, a été reconduit à la présidence du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. Cette décision survient malgré ses déclarations fin 2025 évoquant son souhait de se retirer de la vie politique active, alors que son parti traverse une phase délicate marquée par des boycotts électoraux successifs.

Un retour surprenant à la direction du parti
À près de 81 ans, Laurent Gbagbo a finalement été maintenu à la tête du PPA-CI, malgré ses promesses récentes de renoncer à toute fonction politique. Ce choix a été entériné par l’acclamation des délégués lors de la clôture du congrès, vendredi. Arrivé sous les ovations des militants réunis au Palais des congrès de Treichville à Abidjan, il a salué l’enthousiasme de ses partisans avant de promettre un discours détaillé le lendemain à Songon.
En octobre 2025, il avait pourtant indiqué vouloir se « s’interdire d’occuper des fonctions politiques » après 2025, une déclaration qui n’a donc pas été suivie d’effets concrets. Son maintien à la présidence du parti relance les spéculations sur ses ambitions futures, alors que son exclusion des listes électorales l’a empêché de se présenter à la présidentielle d’octobre 2025.
Un parti affaibli par les divisions et les boycotts
Le PPA-CI, qui n’a ni soutenu ni présenté de candidat lors de la dernière élection présidentielle, subit les conséquences de son absence de participation aux scrutins. Les législatives de décembre 2025 ont été boycottées, privant le parti de toute représentation parlementaire. Aujourd’hui, il ne compte plus que quelques maires et aucun député, illustrant son déclin politique.
Cette situation fragile a été aggravée par les départs de figures majeures de l’ère Gbagbo, comme son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo, Charles Blé Goudé ou encore Pascal Affi N’Guessan, qui ont choisi de rejoindre d’autres formations. La « gauche ivoirienne », autrefois unie sous sa bannière, est désormais profondément fragmentée.
Sanctions internes et positionnement géopolitique
Lors du congrès, le parti a également adopté une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), un geste symbolique fort en direction du Burkina Faso, du Mali et du Niger, trois pays dirigés par des juntes militaires en opposition avec Abidjan. Cette prise de position a suscité des applaudissements nourris parmi les délégués.
Par ailleurs, des sanctions ont été prononcées contre des membres du parti accusés de désobéissance. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle 2025 contre l’avis du PPA-CI, a été exclu définitivement, tandis que Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a écopé d’une suspension de 18 mois.
Quel avenir pour Laurent Gbagbo ?
Le sort politique de Laurent Gbagbo dépend désormais de sa réinscription sur les listes électorales, condition sine qua non pour une éventuelle candidature future. Cette possibilité repose entre les mains du président Alassane Ouattara, son successeur depuis 2011, à l’issue d’une crise post-électorale particulièrement violente. Une amnistie de ce dernier pourrait ainsi relancer sa carrière, mais rien n’est encore acté.
En attendant, le leader historique du PPA-CI continue de fédérer une base militante fidèle, malgré les défis internes et externes qui pèsent sur son parti. Son prochain discours à Songon, prévu pour samedi, pourrait apporter des éclairages sur ses intentions réelles pour les mois à venir.