Le Niger restreint la diffusion de médias français pour maintenir l’ordre public

Le régime militaire du Niger, arrivé au pouvoir en juillet 2023 suite à un coup d’État et affichant une position hostile envers les nations occidentales, en particulier la France, a récemment annoncé la suspension d’une dizaine de médias français. Cette mesure, communiquée le vendredi 8 mai via la télévision nationale, est justifiée par la diffusion de contenus qui, selon les autorités, « mettent gravement en péril l’ordre public ».

Le chef de la junte militaire du Niger, le général Abdourahamane Tiani, à Niamey, capitale du pays, le 15 février 2025. (- / AFP)

L’Observatoire national de la communication (ONC) a précisé la liste des entités concernées par cette suspension médias Niger : France 24, RFI (Radio France internationale), France Afrique Media, LSI Africa, AFP (Agence France-Presse), TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart. Cette interdiction est d’application « immédiate » et s’étend à tous les modes de diffusion, incluant les bouquets satellitaires, les réseaux câblés, les plateformes numériques, les sites internet et les applications mobiles. Il est à noter que RFI et France 24 avaient déjà été coupés peu après le putsch, et la radio britannique BBC avait subi un sort similaire en décembre 2024, illustrant une tendance plus large dans l’information africaine.

Cette décision s’inscrit dans un contexte régional tendu, affectant l’Afrique subsaharienne actualité. Quelques jours auparavant, le Burkina Faso, un pays voisin et membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Niger et du Mali, avait également interdit la diffusion de la chaîne TV5 Monde, après avoir déjà muselé d’autres médias occidentaux. La mesure nigérienne survient par ailleurs juste avant un sommet crucial prévu au Kenya, réunissant la France et plusieurs pays africains, ce qui pourrait impacter la coopération africaine entre les peuples africains et la France.