Les États-Unis pourraient frapper le Mali : une décision controversée en préparation

Les autorités américaines envisagent d’étendre leur champ d’action militaire au-delà de leurs zones d’intervention traditionnelles. Selon des sources internes, l’administration Trump étudie sérieusement la possibilité de cibler le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), une faction liée à Al-Qaïda active principalement au Mali. Cette hypothèse survient quatre ans après l’échec de l’opération Barkhane menée par la France dans cette région instable du Sahel.

Un conseiller de Donald Trump défend l’idée de frappes au Mali contre le JNIM, un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda.
Une frappe au Mali pourrait s’ajouter aux opérations américaines menées depuis le début du second mandat de Donald Trump.

Pour l’instant, aucune décision n’a été arrêtée, mais les discussions au sein de l’équipe présidentielle sont intenses. Parmi les partisans d’une intervention, Sebastian Gorka, conseiller à la lutte antiterroriste au Conseil de sécurité nationale, se distingue par son engagement en faveur d’une action militaire ciblée. D’autres responsables, en revanche, s’interrogent sur la pertinence d’une telle initiative, soulignant les risques d’un enlisement similaire à celui connu par la France.

Si cette option était retenue, le Mali deviendrait le huitième pays africain frappé par des frappes américaines depuis 2025. En parallèle, la Maison Blanche a confirmé son intention de renforcer les partenariats avec les pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord afin de mieux lutter contre la menace terroriste. Un haut responsable a qualifié la situation au Sahel de « menace transnationale nécessitant une réponse coordonnée ».

Le JNIM, un groupe terroriste en pleine expansion au Sahel

Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin s’est imposé comme l’une des organisations jihadistes les plus redoutées d’Afrique de l’Ouest. Originaire du Mali, il a progressivement étendu son influence vers les pays voisins, notamment le Burkina Faso et le Niger. Les experts s’accordent à dire que sa puissance n’a cessé de croître ces dernières années, aggravant la crise sécuritaire au Sahel.

Les risques d’une intervention militaire américaine

Plusieurs analystes spécialisés dans la région alertent sur les dangers d’une campagne de frappes. Corinne Dufka, chercheuse indépendante, met en garde : « Une action militaire directe contre les dirigeants du JNIM pourrait, contre toute attente, radicaliser davantage les populations locales et compliquer les efforts de réinsertion des anciens combattants. »

Les sceptiques rappellent que les précédentes interventions, comme celle de la France pendant une décennie, suivie par l’engagement russe de cinq ans, n’ont pas réussi à endiguer la montée du terrorisme. Certains craignent même qu’une frappe américaine ne profite indirectement à des groupes rivaux, comme l’État islamique au Sahel, qui pourrait tirer profit de l’affaiblissement du JNIM.

Autre sujet de préoccupation : les tensions potentielles avec les forces russes déployées au Mali. Depuis 2022, Moscou a proposé son soutien militaire à plusieurs États africains, dont le Burkina Faso, la Guinée et la Centrafrique. Pourtant, les résultats obtenus restent mitigés, comme en témoigne un responsable occidental : « Les pays africains feraient bien de tirer les leçons des échecs russes en matière de lutte antiterroriste. »