Mali : des combats intenses à anéfis laissent plus de trente soldats morts

Une bataille meurtrière pour la maîtrise d’Anéfis

Le Nord du Mali est de nouveau le théâtre d’affrontements d’une violence inouïe. Le général Jean Élysée Dao, chef d’état-major des armées maliennes, a révélé un bilan humain dramatique après des combats acharnés dans la ville d’Anéfis, située à environ cent kilomètres au sud de Kidal. Selon ses déclarations, près de trente soldats maliens ont péri lors de ces échanges, tandis que plus de soixante autres ont été blessés, certains grièvement.

Des pertes lourdes des deux côtés

L’armée malienne, engagée dans une opération soutenue par des partenaires internationaux, déplore la perte de nombreux militaires qualifiés de « martyrs ». En face, les Forces armées maliennes (FAMa) revendiquent avoir infligé des pertes significatives à une coalition formée de groupes indépendantistes, comme le Front de libération de l’Azawad, et de factions terroristes liées à Al-Qaïda, notamment le JNIM. La rébellion, de son côté, a reconnu la perte de certains de ses éléments, mais sans préciser le nombre exact de victimes.

Anéfis, un enjeu majeur pour la sécurité du pays

La ville d’Anéfis représente un point névralgique dans cette confrontation. Pour les autorités maliennes et leurs alliés, en contrôler l’accès est essentiel pour couper les voies de ravitaillement des groupes armés et sécuriser la route vers Kidal, bastion historique de la rébellion. Les combats, d’une intensité rare, ont vu des soldats maliens et des renforts étrangers encerclés dans un camp militaire, avant qu’un convoi lourdement armé, parti de Gao, ne vienne renforcer leurs positions avec un appui aérien décisif. Les rebelles, quant à eux, évoquent un « repli tactique » pour éviter des pertes collatérales.

Un défi majeur pour la junte malienne

Ces affrontements rappellent l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Mali est confronté depuis une décennie. Pour le gouvernement de transition basé à Bamako, ce bilan lourd est une épreuve de vérité. Les nouvelles autorités avaient placé la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale au cœur de leur programme, promettant de reconquérir chaque zone sous contrôle des groupes armés. Pourtant, la résistance persistante des rebelles et la violence des combats à Anéfis illustrent la complexité de cette mission, dans un contexte où la guerre d’usure continue de faire des ravages parmi les populations civiles et les forces de l’ordre.