Maroc et espagne : tensions persistantes autour de ceuta et melilla
Le Maroc maintient ses revendications sur Ceuta et Melilla
Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé récemment que le Maroc continuait d’œuvrer pour la reconnaissance de ses droits historiques sur les villes de Ceuta et Melilla. Selon ses déclarations, ces deux présides espagnols restent un sujet de négociation à long terme, basé sur le dialogue et la patience. Les échanges entre les deux pays, tant au niveau politique que diplomatique, abordent régulièrement cette question sensible, a-t-il précisé.
Gestion des migrations : un désaccord persistant avec l’Espagne
Lors de la vague migratoire des 30 et 31 juillet derniers vers Ceuta, le ministre marocain a critiqué l’approche espagnole. Il a souligné que Madrid devait assumer pleinement sa responsabilité dans le rapatriement des mineurs marocains non accompagnés arrivés illégalement. Par ailleurs, il a pointé du doigt une contradiction : alors que l’Espagne exige du Maroc de limiter les départs irréguliers, les migrants parvenant à entrer sur le territoire espagnol bénéficient de procédures légales d’accueil.
Le responsable a également insisté sur la nécessité d’une coopération équitable entre les deux nations pour lutter contre la migration irrégulière. Selon lui, le Maroc ne peut endosser seul le rôle de « gendarme de l’Europe », une approche qu’il juge déséquilibrée et inefficace.
L’Espagne rejette catégoriquement les revendications marocaines
En réponse aux déclarations marocaines, le ministère espagnol des Affaires étrangères a réaffirmé avec fermeté que la souveraineté de Ceuta et Melilla ne faisait l’objet d’aucune négociation. Dans un communiqué officiel, il a rappelé que ces territoires font partie intégrante de l’Espagne, conformément au droit international. Les autorités espagnoles ont clairement indiqué que ce statut était « définitif et non négociable ».
Réactions politiques en Espagne : entre diplomatie et tensions
Lors de sa visite à Ceuta, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a évité soigneusement d’aborder la question territoriale. Il s’est concentré sur la gestion des flux migratoires récents, saluant la coopération du Maroc dans le retour des mineurs marocains entrés illégalement.
En revanche, le président de Melilla, Juan José Imbroda, issu du Parti populaire (PP), a adopté un ton bien plus critique. Dans des déclarations publiques, il a interpellé le Maroc : « À quoi vous servent Ceuta et Melilla si vous ne parvenez pas à gérer vos propres citoyens et que vos jeunes fuient vers l’Europe ? » Il a qualifié la situation migratoire de « camouflet international » pour le Maroc, l’exhortant à adopter une gestion plus responsable de la crise.
Le Maroc défend une responsabilité partagée dans la crise migratoire
Le ministère marocain de l’Intérieur a réagi en réaffirmant que la lutte contre la migration irrégulière et les réseaux de traite des êtres humains devait être une priorité partagée. Il a mis en garde contre les appels relayés en ligne, incitant à de nouveaux passages massifs le 15 août. Selon le ministère, une approche unilatérale, reposant uniquement sur les efforts d’un seul pays, serait inefficace pour résoudre un enjeu aussi complexe.