Maroc et États-Unis renforcent leur alliance pour la sécurité maritime africaine en 2026

La capitale Rabat devient le théâtre d’un événement d’envergure continentale en juillet 2026 : le Sommet des Forces Maritimes Africaines (AMFS 2026). Organisé sous l’égide de la Marine royale marocaine, en collaboration avec les commandements navals américains en Europe et en Afrique (NAVAF et MARFORAF), cet événement met l’accent sur l’innovation et la sécurité des espaces maritimes africains. Trois axes majeurs structurent cette rencontre : l’innovation politique nationale, la collaboration interministérielle, et l’intégration de technologies avancées pour répondre aux enjeux de protection des mers et océans.

L’objectif affiché est clair : identifier les défis communs pour consolider la sécurité maritime à travers un renforcement des capacités et une coopération renforcée entre les nations africaines et leurs partenaires internationaux. Une nouveauté cette année ? L’introduction d’ateliers interactifs proposant des scénarios réalistes pour anticiper et préparer des réponses coordonnées face aux menaces émergentes.

Des défis transfrontaliers exigeant une réponse collective

Le contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale au sein des Forces armées royales (FAR), a souligné lors d’une conférence de presse l’engagement inébranlable du Maroc à promouvoir la coopération africaine et à renforcer la stabilité régionale. « Ce sommet illustre notre détermination à unir nos forces pour garantir la paix et la sécurité en mer, tout en intégrant les technologies émergentes et en renforçant les capacités collectives », a-t-il déclaré.

Les échanges porteront notamment sur la lutte contre la pêche illégale, le trafic maritime, le terrorisme, les migrations irrégulières et la protection des écosystèmes marins. « La sécurité maritime est une priorité stratégique qui ne peut être atteinte que par un dialogue permanent, une confiance mutuelle et une action coordonnée entre toutes les parties prenantes », a-t-il ajouté.

« Ce sommet renforcera la coopération entre l’Afrique, ses forces maritimes et leurs partenaires internationaux, tout en favorisant l’échange de meilleures pratiques pour un avenir maritime plus sûr et prospère pour le continent. »

Contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale

L’amiral George Wikoff, commandant de la NAVAF, a rappelé l’importance cruciale de la sécurité maritime pour le commerce légal, la sécurité alimentaire et la stabilité régionale. « L’AMFS 2026 rassemble les dirigeants maritimes africains, le Maroc, les États-Unis et d’autres partenaires pour relever des défis que nul ne peut affronter seul : piraterie, pêche illégale, trafic de marchandises et d’êtres humains, ou encore criminalité transnationale », a-t-il expliqué. « Ces menaces, par nature transfrontalières, exigent une collaboration étroite entre nations, services et agences. »

L’enjeu ? « Construire des solutions durables » et former des partenaires capables de répondre aux crises, de sécuriser leurs voies maritimes et de collaborer efficacement au-delà des frontières. « Notre mission est de renforcer ces relations et de contribuer à l’émergence d’une génération de professionnels compétents, prêts à faire face aux défis de demain », a-t-il conclu.

Une coopération bilatérale Maroc – États-Unis en pleine expansion

L’organisation de l’AMFS 2026 à Rabat s’inscrit dans un contexte marqué par une volonté commune de renforcer la coopération africaine et une dynamique multilatérale entre les marines américaine et africaine. La relation entre le Maroc et les États-Unis, en particulier, illustre cette synergie croissante, couvrant divers domaines militaires et sécuritaires.

Depuis l’annonce de l’Initiative atlantique lors de l’exercice African Lion, le Maroc a exprimé son ambition de développer une industrie militaire nationale, avec des retombées potentielles sur l’ensemble des secteurs de la défense, y compris la marine et la sécurité maritime. Les discussions sur ce sujet occupent une place centrale dans l’agenda des échanges.

Ben Ziff, chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Rabat, a confirmé que l’infrastructure militaro-industrielle marocaine figurait parmi les priorités des discussions bilatérales. « Nous explorons régulièrement de nouvelles opportunités de coopération pour répondre à nos besoins communs. Le Maroc, avec son tissu industriel développé, est un partenaire clé. L’objectif est de partager nos capacités pour renforcer notre sécurité collective », a-t-il précisé.

« Notre collaboration vise à créer des emplois locaux, à développer la production d’armement et à renforcer l’écosystème marocain dans ce domaine. Nous cherchons constamment à innover pour satisfaire nos exigences respectives. »

Ben Ziff, chargé d’affaires – ambassade des États-Unis à Rabat

Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’AMFS 2026, qui accueille également la Conférence des sous-officiers supérieurs africains (SEL). Ce cadre structuré offre aux responsables maritimes une plateforme idéale pour échanger sur les enjeux communs et partager des solutions de sécurité innovantes.