Nord-Kivu : l’appel urgent de msf pour préserver l’accès aux soins contre le paludisme
Nord-Kivu : l’appel urgent de msf pour préserver l’accès aux soins contre le paludisme
Alors que des réductions budgétaires menacent les financements dédiés à la santé dans la région, Médecins Sans Frontières (msf) alerte sur les conséquences dramatiques qui en résulteraient pour le Nord-Kivu. Cette province, déjà fragilisée par des années de crise humanitaire, pourrait voir son système de santé s’effondrer davantage, privant des milliers de personnes d’un accès vital aux soins.
Stéphane Doyon, en charge des programmes msf en République Démocratique du Congo (rdc), a partagé ses craintes lors d’un échange exclusif. Il met en garde contre une détérioration encore plus profonde de la situation sanitaire si le Fonds mondial retire le Nord-Kivu de ses priorités.
« La perspective d’un retrait des financements du Fonds mondial pour le Nord-Kivu nous préoccupe au plus haut point. Sans ces appuis, la majorité des traitements actuellement distribués dans les centres de santé non gérés par msf – et qui proviennent justement du Fonds mondial – ne parviendront plus à destination. Or, notre organisation ne peut pas, à elle seule, compenser ce manque pour l’ensemble d’une province. Les conséquences seraient catastrophiques. »
Le paludisme reste la première cause de consultations dans les structures médicales de la région. Pour msf, la priorité absolue est de maintenir, voire d’intensifier, le soutien contre cette maladie dans le Nord-Kivu, une zone sanitaire parmi les plus critiques du pays. Les épidémies de rougeole et de choléra, couplées aux séquelles persistantes des conflits armés, ont déjà profondément éprouvé la population locale.
« Le Nord-Kivu est une région où les besoins en santé publique n’ont jamais été aussi pressants. Les épidémies se succèdent, la population est épuisée par des années de violence, et le manque d’infrastructures adéquates aggrave chaque jour un peu plus la crise. Un appui extérieur est indispensable pour éviter un effondrement total. », insiste Stéphane Doyon.
Dans ce contexte, msf appelle donc le Fonds mondial à maintenir le Nord-Kivu au cœur de ses priorités sanitaires. Sans cette aide cruciale, des milliers de vies supplémentaires pourraient être mises en péril, dans une province déjà en proie au chaos et à l’urgence humanitaire.