RDC : le cicr lance l’alerte face aux violations du droit humanitaire

Dans l’est de la République démocratique du Congo, les violations répétées du droit international humanitaire persistent malgré les engagements des autorités. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a récemment tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence organisée à Kinshasa, soulignant l’urgence d’une meilleure application de ces règles pour protéger les populations civiles.

Des déplacés sur un site d'hébergement

Des règles ignorées, des civils en danger

L’est de la RDC reste sous la menace constante de conflits armés opposant plus de 200 groupes rebelles. Dans ce contexte, le respect du droit international humanitaire reste un défi majeur. Les civils, souvent pris au cœur des affrontements, subissent des violations massives de leurs droits fondamentaux. Les violences sexuelles, en particulier, touchent des milliers de femmes, de filles et parfois d’hommes, sans que les responsables ne soient toujours sanctionnés.

« Les actes de violence sexuelle se comptent par millions. À chaque minute, des femmes, des filles et des enfants, et parfois des hommes, en sont victimes », déclare Julienne Lusenge, militante des droits humains. Elle insiste sur la nécessité de sanctions internationales pour mettre fin à ces crimes.

RDC 2025 | des réfugiées avec leurs bagages

Justice militaire : entre sanction et dissuasion

Face à ces exactions, la justice militaire congolaise affirme agir pour poursuivre les militaires impliqués dans des violations. Le général Jean-Paul Tshayikolo, magistrat à la Haute Cour militaire, explique que ces procès visent à la fois à sanctionner les coupables et à éduquer les autres membres des forces armées. « Il y a de bons et de mauvais éléments dans nos rangs. La volonté est de promouvoir les bons, mais l’impunité zéro n’existe pas », précise-t-il. Les statistiques montrent une volonté de transparence, même si des défis persistent.

Un paysage militaire fragmenté, un droit humanitaire affaibli

Avec plus de 200 groupes armés actifs dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, l’est de la RDC est un terrain propice aux violations du droit international humanitaire. Les alliances changeantes entre ces groupes rendent difficile l’identification des responsables et compliquent les mécanismes de protection des civils. La distinction entre combattants et civils, pourtant fondamentale, est souvent bafouée sur le terrain, favorisant l’impunité.

Dans ce contexte, le CICR continue d’appeler à une meilleure application du droit humanitaire et à une collaboration renforcée entre les acteurs locaux et internationaux pour rétablir la sécurité et protéger les populations.