Rdc : le conseil international des infirmières exige des salaires pour les soignants face à ebola
En RDC, les soignants en première ligne contre Ebola attendent toujours leurs salaires
La République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17e épidémie d’Ebola, déclarée le 15 mai dernier. Pourtant, trois mois après le début de cette crise sanitaire, les moyens manquent cruellement pour endiguer la propagation du virus. Les structures de santé, parmi les plus démunies au monde, peinent à suivre le rythme imposé par l’épidémie.
Face à cette situation alarmante, le Conseil international des infirmières (CII), organisation représentant plus de 30 millions d’infirmières et infirmiers à travers la planète, a tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué adressé aux autorités congolaises, il exige sans délai la rémunération et la protection des soignants engagés dans la lutte contre Ebola.
Des soignants en première ligne, mais sans salaire depuis des mois
Howard Catton, directeur général du CII, a martelé un message clair : « On ne peut pas combattre efficacement Ebola si ceux qui mènent ce combat ne sont pas payés. » Il rappelle que les infirmières et infirmiers risquent leur vie au quotidien pour protéger les communautés, souvent au péril de leur propre sécurité. Pourtant, beaucoup d’entre eux attendent toujours le versement de leurs salaires, parfois impayés depuis deux à trois mois.
Le CII a directement interpellé le ministre de la Santé de la RDC, Roger Kamba, pour exiger des mesures concrètes. Parmi ses revendications :
- Le paiement immédiat des salaires et indemnités de risque en retard ;
- La garantie de rémunérations régulières à l’avenir ;
- La fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) adaptés ;
- La mise en place d’assurances et d’indemnités pour couvrir les risques encourus.
Une épidémie qui s’aggrave sans moyens suffisants
Selon les derniers bilans officiels, l’épidémie actuelle a déjà causé plus de 2 128 décès sur 4 566 cas confirmés, en seulement trois mois. Une progression bien plus rapide que lors des précédentes flambées. Le variant Bundibugyo en cause ne dispose, pour l’instant, d’aucun vaccin ni traitement spécifique.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné l’urgence de la situation : « Il s’agit déjà de la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée. Au rythme actuel, elle pourrait dépasser celle qui a touché l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. »
Les moyens financiers alloués restent insuffisants. Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de riposte, seulement 264 millions ont été mobilisés à ce jour. Une lacune qui freine considérablement la réponse sanitaire.
Vers un essai clinique avec le vaccin Ervebo
En attendant un vaccin adapté au variant actuel, l’OMS envisage d’organiser un essai clinique avec le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre du virus. Le protocole devrait prochainement être soumis aux autorités réglementaires congolaises pour validation.
Face à l’urgence, le CII rappelle que la protection et la rémunération des soignants sont des priorités absolues. Sans elles, la lutte contre Ebola en RDC restera compromise.