Sahel : inquiétudes face au retrait de la CPI par le Burkina Faso, le Mali et le Niger
La présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a officiellement exprimé, cette semaine, ses craintes quant à la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Selon la direction de l’AEP, une telle démarche pourrait fragiliser les avancées mondiales en matière de lutte contre l’impunité et nuire à la cohésion des efforts internationaux.
Une sortie de la CPI jugée préoccupante pour la justice mondiale
Dans un communiqué transmis à la presse, la présidente de l’AEP, Päivi Kaukoranta, a exprimé son regret face à cette initiative. Elle met en garde contre les conséquences d’un départ de ces trois pays, qui risquerait de saper la coopération judiciaire internationale. La CPI reste, à ses yeux, un acteur essentiel du système de justice globale, et les États membres sont appelés à maintenir leur engagement envers le Statut de Rome.
La direction de l’Assemblée rappelle par ailleurs l’existence de canaux de dialogue au sein de l’institution, permettant aux pays de faire entendre leurs revendications. Elle insiste sur le fait qu’un retrait ne libère pas un État des obligations contractées durant sa participation au traité.
Retrait du Niger : une procédure en cours
Le Niger a officiellement notifié son intention de quitter la Cour pénale internationale. Cette déclaration, reçue par le secrétaire général des Nations unies en juin 2026, actera son départ effectif un an plus tard, conformément aux dispositions du Statut de Rome.
Les motivations de l’Alliance des États du Sahel
En septembre 2025, les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger — avaient annoncé leur intention de se retirer de la CPI. Dans un communiqué signé par le général Assimi Goïta, alors président en exercice de l’AES, ils dénonçaient ce qu’ils qualifient de manque d’efficacité de la Cour à poursuivre les responsables des crimes les plus graves. L’Alliance accuse également la CPI d’appliquer une justice inégale, lui reprochant notamment son inaction face à certains crimes tout en ciblant, selon elle, des acteurs extérieurs au « cercle de l’impunité internationale ».