Sénégal : la démission surprise d’un président de l’assemblée nationale bouleverse la scène politique

Sénégal : la démission surprise d’un président de l’assemblée nationale bouleverse la scène politique

La vie politique sénégalaise traverse une phase de turbulence sans précédent. Dans un enchaînement de décisions rapides, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a annoncé sa démission ce dimanche 25 mai, quelques heures seulement après une réunion décisive de son parti, le Pastef. Une volte-face qui survient moins de 48 heures après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko, créant un bouleversement institutionnel inédit.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Malick Ndiaye a justifié sa décision par une « réflexion profonde, mûrie dans le silence », expliquant que ce choix reflétait avant tout sa vision des institutions et de l’intérêt supérieur du pays. « Cette démission découle d’une conception rigoureuse de la responsabilité publique », a-t-il souligné, rappelant son engagement passé à renforcer la transparence et le contrôle parlementaire.

Le même jour, l’Assemblée nationale a acté la réintégration immédiate du député Ousmane Sonko, dont le parti, le Pastef, détient une majorité parlementaire confortable. Dès le lendemain, l’élection d’un nouveau président de l’institution était programmée, et tous les indicateurs pointent vers une victoire probable du leader du Pastef. En l’espace de trois jours, le parcours politique d’Ousmane Sonko pourrait ainsi le propulser du poste de Premier ministre limogé à celui de deuxième personnage de l’État.

Cette séquence marque un tournant dans le paysage politique sénégalais. Le duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui semblait jusqu’alors indétrônable, cède la place à un affrontement politique plus large. Les prochains mois s’annoncent riches en rebondissements, entre stratégies d’alliances, rapports de force et manœuvres institutionnelles, dans un contexte marqué par les élections locales et la préparation de la présidentielle de 2029.

Un autre élément d’incertitude plane : le président Bassirou Diomaye Faye pourrait-il recourir à la dissolution de l’Assemblée nationale dès décembre 2024, comme le prévoit la Constitution ? La question reste en suspens, tandis que le pays attend avec impatience le nom du futur Premier ministre, appelé à former un gouvernement dans un climat politique particulièrement tendu.