Sonko défie le gouvernement sénégalais sur les contrats pétroliers
À l’occasion de l’inauguration du nouveau siège du mouvement Pastef à Touba, Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale, a lancé un avertissement sans équivoque au Premier ministre Al Aminou Lo. Dans un discours enflammé en langue wolof, il a promis d’utiliser l’outil législatif pour renverser le gouvernement si les intérêts du Sénégal continuaient d’être bafoués dans les négociations pétrolières.
Une mise en garde contre la gestion des ressources naturelles
Lors de cette allocution, Ousmane Sonko a dénoncé une politique gouvernementale qui, selon lui, sacrifie la souveraineté économique du pays au profit de multinationales comme BP et Kosmos. Il a comparé cette situation aux dérives observées sous l’administration précédente, mettant en garde contre une répétition des erreurs passées.
Le leader du Pastef a également rappelé son rôle dans les renégociations des blocs pétroliers, comme Yakaar-Teranga, qu’il avait qualifiées de « victoires majeures » pour le pays. Aujourd’hui, il accuse le nouveau gouvernement de vouloir interrompre ces efforts, notamment par le biais de nominations controversées au sein de Petrosen, l’entreprise nationale des hydrocarbures.
Une proposition de loi pour renforcer le contrôle parlementaire
Pour contrer cette dynamique, Ousmane Sonko a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi visant à soumettre chaque attribution de bloc pétrolier ou gazier à l’approbation préalable de l’Assemblée nationale. Cette initiative s’inspire du modèle norvégien, souvent cité comme exemple de transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Le texte, porté par une députée de son parti, prévoit que tout futur contrat devra être présenté aux députés avant validation définitive. Cette mesure vise à garantir que les intérêts nationaux ne soient pas sacrifiés au profit de profits privés ou d’accords opaques.
Un bras de fer institutionnel en perspective
Moins de deux mois après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko utilise désormais sa nouvelle position à la tête de l’Assemblée pour faire pression sur le gouvernement. Il a clairement indiqué que son camp n’hésiterait pas à recourir à la motion de censure si nécessaire, et ce, à plusieurs reprises si besoin.
Cette déclaration marque une escalade dans les tensions politiques autour de la gestion des ressources naturelles, un sujet hautement sensible pour les populations sénégalaises.