Technologie et terrorisme : comment boko haram exploite l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle s’impose comme un outil stratégique, y compris dans les mains des groupes armés les plus redoutés. Une chercheuse britannique a mis en lumière l’utilisation « systématique » de cette technologie par Boko Haram, organisation responsable de décennies de violences dans le nord du Nigeria.
Les avancées technologiques, autrefois réservées aux armées et aux entreprises, sont désormais exploitées par des réseaux terroristes pour renforcer leur capacité opérationnelle. Cette tendance, documentée par des enquêtes récentes, révèle une adaptation inquiétante des méthodes de combat, avec l’IA comme nouveau terrain de guerre.
Des formations militaires assistées par l’IA
Les recrues de Boko Haram bénéficient désormais de modules de formation intégrant des outils d’intelligence artificielle. Ces sessions, organisées sous forme de présentations interactives, permettent aux combattants d’acquérir des compétences techniques leur donnant un avantage certain sur le terrain. Par exemple, des algorithmes leur ont enseigné des techniques pour désactiver des armes étrangères en les nettoyant avec du diesel, une méthode initialement méconnue des insurgés.
Les plateformes comme ChatGPT, Grok ou Gemini auraient également servi à concevoir des explosifs plus performants, adaptés aux besoins tactiques du groupe. Ces innovations illustrent une mutation profonde dans la stratégie djihadiste, où la technologie remplace progressivement les méthodes traditionnelles.
L’IA au service des attaques : le cas du franchissement de fossé à moto
Un exploit technique a particulièrement retenu l’attention : l’exploitation de l’IA pour franchir un fossé à moto, une manœuvre inspirée des scènes de films américains, afin de surprendre une base militaire au Nigeria. Cette prouesse, auparavant hors de portée des insurgés, démontre comment les algorithmes peuvent optimiser des actions de combat complexes.
Au-delà des opérations militaires, l’utilisation de l’IA s’étend à la propagande, où des contenus générés automatiquement renforcent l’influence du groupe. Cette double exploitation — opérationnelle et médiatique — confirme une stratégie globale où la technologie devient un pilier de la survie et de l’expansion de l’organisation.
Face à cette menace, les autorités nigérianes et leurs partenaires internationaux doivent désormais intégrer cette dimension technologique dans leurs dispositifs de sécurité, sans quoi les groupes armés pourraient prendre une longueur d’avance décisive.