Transition politique au Burkina Faso : l’Union africaine insiste sur l’urgence électorale
L’Union africaine exhorte Ouagadougou à accélérer le retour à la démocratie
L’Union africaine (UA) a vivement encouragé, ce jeudi, le Burkina Faso à concrétiser sans délai son retour à l’ordre constitutionnel par l’organisation d’élections libres et la réouverture de l’espace politique. Parallèlement, l’organisation continentale a réitéré sa détermination à poursuivre le dialogue constructif avec les autorités de Ouagadougou, tout en réaffirmant son soutien indéfectible dans la lutte antiterroriste.
Une mission diplomatique de haut niveau au Burkina Faso
Lors de sa visite officielle dans la capitale burkinabè, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a sillonné les couloirs du pouvoir en rencontrant Jean Emmanuel Ouédraogo, chef du gouvernement, ainsi que Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères. En revanche, aucun entretien n’a été ménagé avec le capitaine Ibrahim Traoré, figure centrale de la transition.
Dialogue maintenu malgré la suspension des institutions
Malgré la suspension du Burkina Faso des instances politiques de l’UA à la suite des récents bouleversements institutionnels, Mahmoud Ali Youssouf a souligné avec force l’engagement de l’organisation à préserver le canal de communication avec les autorités transitoires. Il a également confirmé l’appui inconditionnel de l’UA aux efforts déployés par le pays pour contrer la menace terroriste, tout en promettant la poursuite des initiatives de développement en cours.
Le président de la Commission a cependant mis l’accent sur l’urgence de faire progresser le calendrier politique. Pour lui, la transition doit impérativement aboutir à la réhabilitation des partis politiques, à l’élargissement des libertés démocratiques et à l’organisation d’élections crédibles pour rétablir pleinement l’ordre constitutionnel.
Renforcer la coopération régionale face aux défis communs
Mahmoud Ali Youssouf a plaidé pour un resserrement des liens entre le Burkina Faso et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le pays s’est retiré en janvier 2025 en compagnie du Mali et du Niger, avant la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les différentes organisations régionales pour surmonter les enjeux partagés.
Dans un communiqué officiel, l’Union africaine a réaffirmé son attachement indéfectible à la souveraineté, à la cohésion nationale et à l’intégrité territoriale du Burkina Faso. Par ailleurs, le Premier ministre burkinabè a réitéré l’adhésion de son gouvernement aux réformes institutionnelles portées par l’UA, ainsi qu’à l’impératif de renforcer son autonomie financière.
Cette tournée régionale du président de la Commission de l’UA a également inclus une étape au Mali, où il a échangé avec les dirigeants de la transition.