Tribalisme au Cameroun : Jean Claude Mbede dénonce une société à deux vitesses
Dans une tribune remarquée, Jean Claude Mbede, journaliste camerounais installé en Italie, livre une analyse percutante du tribalisme au Cameroun. Il estime qu’au-delà des discours ethniques, le vrai fossé est social.
Mbede raconte un échange avec une amie originaire du Grand Nord, diplômée de l’ESSTIC et de l’IRIC, deux écoles d’élite. Fille d’un cadre des douanes, elle a bénéficié d’un réseau privilégié, loin des difficultés des jeunes Betis ou d’autres régions. Pourtant, elle lui a glissé : « Le pays est difficile, sauf pour les Betis qui contrôlent tout et qui ne réussissent qu’entre eux. »
Interloqué, le journaliste a demandé : « Demander pardon pour quel crime ? Quelle faute ? » Il évoque l’assassinat de Martinez Zogo, un Beti, tué par des bourreaux issus de toutes les ethnies, pour illustrer que le crime et les privilèges n’ont pas de couleur régionale.
Sa conclusion est radicale : au Cameroun, il n’existe que deux ethnies réelles :
- Ceux qui possèdent les clés du système – capables de placer leurs enfants à l’IRIC, l’ESSTIC, l’ENAM ou l’EMIA via les élites.
- Les autres – enfants de mères débrouillardes, vendeuses d’eau glacée à la sauvette, qui survivent sans piston.
« Le vrai clivage n’est pas régional, il est social. Ne vous laissez plus distraire par ceux qui bénéficient du système tout en pleurant la marginalisation », prévient-il. Mbede affirme avoir rompu avec cette amie, car le tribalisme des privilégiés est selon lui le plus dangereux.