UBA bientôt banque complète en France : un tournant pour le Nigeria et l’Afrique
L’United Bank for Africa (UBA), géant bancaire nigérian fondé par Tony Elumelu, approche d’un jalon historique. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), régulateur financier français, devrait prochainement lui octroyer sa licence de banque de plein exercice. Un aboutissement attendu depuis plus de dix-huit mois, après la signature d’un accord-cadre entre les autorités françaises et nigérianes.
Ce feu vert réglementaire couronne une démarche initiée lors d’une rencontre diplomatique de haut niveau. En 2024, sous l’impulsion des présidents Bola Tinubu et Emmanuel Macron, un protocole d’entente avait été signé par Tony Elumelu et l’ancien ministre français des Finances. Pourtant, entre les exigences européennes et les ambitions régionales d’UBA, les négociations ont nécessité des ajustements minutieux.
Un parcours semé d’obstacles administratifs
Les discussions autour de cet agrément se sont intensifiées en coulisses, notamment lors du sommet Africa Forward à Nairobi. Les responsables d’UBA et les autorités françaises ont multiplié les échanges pour aligner les cadres réglementaires. Une réunion décisive, organisée en marge de l’événement kenyan, a permis de finaliser les derniers détails avec la Banque de France.
Selon un observateur impliqué dans le dossier, « l’enjeu n’était plus de savoir si UBA obtiendrait cette licence, mais quand. Les deux parties ont œuvré pour concilier rigueur française et dynamisme africain. »
Paris, nouvelle capitale bancaire du Nigeria
L’UBA ne sera pas la première banque nigériane à s’implanter en France. Access Bank, via sa filiale britannique, et Zenith Bank ont déjà franchi le pas. La première, dirigée par Justin Maria, avait obtenu sa licence en 2023. La seconde, pilotée par Rabah Rahmani après le départ de Jim Ovia, avait célébré son installation au Ritz en septembre 2024.
Avec UBA, le Nigeria dispose désormais d’un troisième acteur bancaire majeur à Paris. Cette présence consolide un hub financier africain dans la capitale française, facilitant les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Afrique francophone. L’établissement entend proposer des solutions de financement sur mesure aux entreprises européennes souhaitant investir en Afrique de l’Ouest.
Un timing politique stratégique
Le calendrier de cette homologation n’est pas anodin. Alors que Tony Elumelu doit quitter la présidence d’UBA le 21 août pour céder sa place à Emmanuel Nnorom, l’annonce de l’ouverture de la succursale parisienne pourrait coïncider avec une visite d’État d’Emmanuel Macron au Nigeria fin octobre. Une occasion idéale pour marquer les esprits.
Les liens entre les deux dirigeants se sont renforcés ces derniers mois. En mars, Tony Elumelu a été nommé à la tête de l’Africa France Impact Coalition, une initiative visant à dynamiser les partenariats économiques entre l’Afrique et la France. Une proximité qui facilite les avancées concrètes.
Heirs Holdings, une expansion mondiale
Pour le milliardaire nigérian Tony Elumelu, cet agrément français s’inscrit dans une vision plus large. Son groupe, Heirs Holdings, couvre des secteurs aussi variés que l’énergie, l’hôtellerie ou la finance. United Capital, sa banque d’affaires, a récemment étendu ses activités en Éthiopie et au Rwanda.
En obtenant cette licence à Paris, UBA renforce sa position de pont entre l’Afrique et l’Europe. Le groupe compte désormais accompagner les entreprises africaines dans leur expansion vers les marchés européens, tout en offrant aux acteurs français des outils pour investir en Afrique de l’Ouest. Une stratégie ambitieuse, prête à redessiner les flux financiers transcontinentaux.