Usurpation de pavillon : le Cameroun condamne le pétrolier fantôme Tagor

Le pétrolier Tagor, suspecté d’avoir arboré frauduleusement le pavillon camerounais, a été intercepté le 31 mai dernier à environ 740 kilomètres à l’ouest de la Bretagne. Parti de Mourmansk, en Russie, il aurait eu pour destination Limbe, au Cameroun. Les autorités maritimes ont procédé à une vérification de nationalité en mer, conformément à l’article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Escorté par la marine française, le navire a été dérouté vers la France.

Yaoundé dénonce l’usurpation de son pavillon

Lors d’une déclaration lue sur la radio publique, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a affirmé que le Tagor « ne figure dans aucun des registres officiels des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Il a condamné « avec rigueur l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité camerounaise » et appelé « la communauté internationale à prendre des mesures drastiques contre de tels abus ». Yaoundé a également réaffirmé son engagement à poursuivre « le processus d’assainissement et de modernisation de son registre des pavillons ».

Cette prise de position officielle vise à dissocier le Cameroun de tout lien avec un navire de ce que les autorités maritimes appellent la « flotte fantôme » — des pétroliers utilisés pour acheminer du pétrole sanctionné sur les marchés internationaux. L’affaire met en lumière la vulnérabilité des registres nationaux de pavillons face aux acteurs cherchant à contourner les mécanismes de contrôle.

Quatrième interception française depuis septembre 2025

Selon les autorités maritimes, l’interception du Tagor s’inscrit dans une série d’opérations françaises contre cette flotte opaque. Il s’agit de la quatrième intervention de ce type depuis septembre 2025. Après les inspections, l’affaire a été confiée au parquet de Brest, compétent en matière maritime.

Le navire est ancré depuis le 2 juin dans la baie de Douarnenez, dans le Finistère, dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours. La multiplication de ces interceptions en mer reflète un renforcement des contrôles européens sur les filières d’exportation de pétrole contournant les régimes de sanctions internationales.