Abidjan : la fermeture de la rue des caraïbes marque une étape clé du chantier du métro
Abidjan : la rue des Caraïbes fermée pour deux mois et demi, une étape décisive pour le métro
Un chantier majeur pour la Côte d’Ivoire : la rue des Caraïbes, axe stratégique de Port-Bouët à Abidjan, est désormais inaccessible à la circulation depuis ce mercredi. Cette fermeture, prévue pour une durée de deux mois et demi, s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires à la construction du tablier d’un pont ferroviaire de la Ligne 1 du métro d’Abidjan. La réouverture est attendue pour le 30 septembre, marquant une avancée significative avant l’installation des rails.
Les usagers de la route sont invités à se conformer au plan de circulation temporaire mis en place par les autorités compétentes. La sécurité autour du chantier reste une priorité absolue, avec des consignes strictes à respecter pour éviter tout incident.
Une ligne de métro promise à révolutionner les déplacements en Côte d’Ivoire
La Ligne 1 du métro d’Abidjan reliera Anyama, au nord de la ville, à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny au sud, en traversant sept communes sur un tracé de 37,4 kilomètres. Ce projet pharaonique, porté par un consortium français, vise à transformer les déplacements dans la capitale économique ivoirienne.
Avec 18 stations, 24 ponts, un viaduc sur la lagune Ébrié et 34 passerelles piétonnes, ce métro automatique promet de transporter plus de 500 000 passagers quotidiennement. Le trajet, d’une durée de 50 minutes, sera huit fois plus rapide que les options actuelles aux heures de pointe. Les dernières avancées confirment que 12 des 24 tabliers de ponts sont déjà en place, tandis que le viaduc est presque achevé. La mise en service de cette première ligne est prévue pour fin 2028.
Un projet ambitieux porté par des entreprises françaises
Le consortium à l’origine de ce projet réunit des acteurs majeurs du BTP et des transports français : Bouygues Travaux Publics, Alstom, Colas Rail et Keolis. Bouygues supervise les travaux de génie civil et la fourniture du matériel roulant, tandis que Keolis aura la charge de l’exploitation de la ligne pendant quinze ans après sa livraison.
Le budget alloué à ce projet s’élève à 1,36 milliard d’euros, principalement financé par la France via l’Agence française de développement et des prêts du Trésor français. Ce partenariat financier positionne le métro d’Abidjan comme l’un des investissements français les plus importants en Afrique de l’Ouest dans le domaine des transports.
Abidjan : une métropole en quête de solutions durables face à la congestion routière
Avec une population de 5,5 millions d’habitants dans son agglomération, Abidjan fait face à des défis majeurs en matière de mobilité. Port-Bouët, commune côtière abritant l’aéroport international et des zones industrielles, est particulièrement touchée par les embouteillages chroniques. L’absence de transports en commun structurés à grande capacité aggrave cette situation.
Le métro d’Abidjan se présente comme une solution durable pour désengorger le réseau routier et offrir une alternative fiable aux bus et taxis-brousse. En plus de faciliter les déplacements, ce projet devrait générer des emplois locaux pendant les phases de construction et d’exploitation, stimulant ainsi l’économie de la région.
Une vitrine stratégique pour la coopération franco-ivoirienne
Pour la France, ce projet dépasse le cadre d’un simple investissement infrastructurel. Il s’agit d’un levier d’influence économique et diplomatique en Afrique francophone. En misant sur des entreprises françaises pour la construction et l’exploitation du métro, Paris renforce sa présence dans une région où la concurrence internationale, notamment chinoise et turque, est féroce.
La réussite de ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives similaires au Sénégal ou en Guinée. Elle soulève également des débats sur l’efficacité de l’aide au développement et le retour sur investissement des prêts concessionnels, dans un contexte où les enjeux de souveraineté économique prennent une importance croissante.
Les prochains mois seront décisifs : après la pose des rails et l’installation des rames Alstom, le métro d’Abidjan sera prêt à desservir les Abidjanais, marquant ainsi une nouvelle ère pour la mobilité en Côte d’Ivoire.