Affaire du trafic d’or au Cameroun : me sikati dénonce des ministres « magiciens »
Politique

Affaire du trafic d’or au Cameroun : Me Sikati dénonce des ministres « magiciens »

L’avocat camerounais, membre du bureau politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), réagit aux déclarations du gouvernement sur la gestion des ressources aurifères.

Armand Djaleu
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Le gouvernement camerounais tente de calmer les esprits après les révélations sur un trafic d’or massif.

Lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé le 15 juillet 2026, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a fermement démenti toute disparition d’or appartenant directement à l’État camerounais. Cette intervention, menée en présence du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, visait à apaiser les tensions suscitées par l’affaire du manque à gagner fiscal de près de 2 000 milliards de FCFA.

Selon les autorités, il ne s’agit pas d’un détournement de fonds publics, mais d’une fraude organisée par des opérateurs privés. Ces derniers, en minimisant les volumes d’or extraits, auraient privé l’État de ressources considérables.

L’État camerounais fait face à une baisse drastique des recettes issues de l’impôt synthétique minier et des taxes d’exportation. Les chiffres sont accablants : l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a révélé un écart vertigineux pour 2023. Seulement 22 kg d’or déclarés à l’exportation par le Cameroun, contre 15 tonnes enregistrées par les douanes des Émirats arabes unis. La Société nationale des mines (Sonamines) estime à environ 44 tonnes la quantité d’or ayant échappé aux circuits officiels entre 2021 et 2025.

Face à cette situation, le ministre Fuh Calistus Gentry a annoncé des mesures immédiates. Une équipe pluridisciplinaire, associant Sonamines, la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des douanes (DGD), sera déployée sur le terrain. Leur mission : effectuer des contrôles inopinés sur les sites de production et traquer les fraudes.

Réaction cinglante de Me Sikati

L’avocat Désiré Sikati, figure politique du MRC, a vivement réagi aux déclarations du gouvernement. Dans un communiqué, il a qualifié certains ministres camerounais de « magiciens », soulignant leur incapacité à expliquer la disparition de tonnes d’or.

Me Sikati rappelle que, selon le Code minier camerounais, le sous-sol et ses ressources appartiennent à l’État. Il interroge : « À qui appartient donc tout l’or dont la disparition a été révélée ? » Pour lui, les ministres en charge des Mines ne défendent pas les intérêts du Cameroun, mais ceux de quelques particuliers.

CERTAINS MINISTRES CAMEROUNAIS SONT DE VRAIS MAGICIENS

Le ministre des Mines du Cameroun s’appelle Fuh Calistus. Il a été nommé pour remplacer Gabriel Dodo Ndoke, décédé dans des circonstances troubles.

Lors de sa conférence de presse, Fuh Calistus a affirmé qu’« il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’État ». Pourtant, l’affaire du trafic d’or fait la une de la presse nationale et internationale.

Le ministre ne nie pas la disparition de l’or, mais il précise que celui-ci n’appartenait pas à l’État. Une distinction subtile qui en dit long sur la gestion des ressources.

Je lui demande donc : à qui appartient cet or, si ce n’est pas à l’État camerounais ? Le Code minier est clair : le sous-sol et ses richesses appartiennent à la nation.

Il semble que certains responsables oublient leur mission première. Ils ne sont pas là pour servir le Cameroun, mais leurs propres intérêts.

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