Armand Noutack : la responsabilité des camerounais face à la stagnation du pays

Armand Noutack : la responsabilité des camerounais face à la stagnation du pays

Dans une tribune percutante, Armand Noutack II, enseignant et analyste politique, interpelle ses compatriotes sur leur propre rôle dans les difficultés que traverse le Cameroun. Pour lui, le véritable obstacle au progrès ne réside pas uniquement dans la gouvernance, mais aussi dans les mentalités et les comportements de la population.

Des comportements contradictoires qui freinent l’évolution

Pour Armand Noutack II, les Camerounais se plaignent régulièrement du manque de changement, mais ils en sont souvent les premiers artisans. Il cite des exemples concrets où l’hypocrisie et l’opportunisme l’emportent sur l’intégrité :

  • Les fonctionnaires qui réclament des réformes tout en continuant à percevoir des salaires indus via des proches restés au pays.
  • Les opposants qui dénoncent le système en public, mais négocient des faveurs privées avec les responsables politiques.
  • Les commerçants qui crient au changement tout en fraudant sur les produits, les impôts ou les normes sanitaires.
  • Les enseignants qui exigent des améliorations, mais pratiquent le harcèlement ou la corruption dans leurs établissements.

Une corruption ancrée dans les mentalités

L’auteur souligne que la corruption au Cameroun ne se limite pas aux élites dirigeantes : elle est systémique et généralisée. Des policiers qui monnayent leur indulgence aux conducteurs aux médecins qui désertent les hôpitaux publics pour des cliniques privées, en passant par les journalistes dépendants des appels nocturnes, personne n’est épargné.

Armand Noutack II va jusqu’à comparer cette situation à une toile d’araignée mentale qui enserre l’ensemble de la société depuis des décennies. Pour lui, le départ de l’actuel président ne suffira pas à résoudre le problème : il faudra une refonte des valeurs et des pratiques.

Le Cameroun peut-il se transformer sans ses citoyens ?

L’enseignant lance un appel solennel : « Si tu ne peux pas être toi-même le changement que tu réclames pour ton pays, alors tais-toi. » Il exhorte chacun à assumer ses responsabilités, qu’il soit simple citoyen ou responsable politique.

Parmi ses propositions :

  • Un contrôle renforcé des fraudes administratives, notamment via le fichier des salaires de l’État.
  • La fin des passe-droits, comme l’attribution de places dans les grandes écoles contre des millions ou des « amitiés ».
  • La transparence dans la gestion des fonds publics, y compris ceux perçus par les opposants.

En conclusion, Armand Noutack II rappelle que le Cameroun ne changera que si chaque Camerounais commence par changer lui-même. Une vérité difficile à entendre, mais essentielle pour sortir de l’impasse.

« La corruption n’est pas seulement l’affaire des ministres, mais celle de tous. Nous sommes tous responsables. »

Armand Noutack II
Enseignant et observateur politique.