Bénin et Niger : la frontière rouvrira bientôt
«C'est pour bientôt»: le Bénin et le Niger avancent vers une réouverture de leur frontière
Le Bénin et le Niger accélèrent le processus de normalisation de leurs relations, depuis le coup d’État de juillet 2023 à Niamey. La visite du président béninois Romuald Wadagni dans la capitale nigérienne le 2 juin a ravivé la dynamique d’apaisement. Le samedi 20 juin à Cotonou, les comités d’experts conjoints mis en place après cette rencontre ont poursuivi leurs échanges en vue d’une réouverture de la frontière commune et d’un dégel complet. La première journée de travail s’est achevée en fin d’après-midi au ministère des Affaires étrangères.

Le ministre d’État nigérien de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et son homologue béninois chargé de l’Intégration africaine, Adjadi Bakari, ont coprésidé la réunion du 20 juin. Y assistaient également des hauts gradés de l’armée et de la police ainsi que des responsables des services de renseignement.

Les experts ont été répartis en trois groupes : sécurité et défense, diplomatie et juridique, et économie. Tous les points de friction ont été abordés. Chaque groupe devra restituer ses travaux en séance plénière.

En ouverture, les deux ministres ont pris la parole. Toumba a déclaré que la rencontre du 2 juin entre Wadagni et Tiani avait ouvert « une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel ». Bakari a affirmé que la délégation béninoise était « entièrement engagée pour que les efforts constatés au cours des dernières semaines et les avancées notables dans les réflexions se concrétisent ».

Une réouverture attendue

Un participant a souligné « une ouverture d’esprit et une volonté des deux côtés ». Un haut fonctionnaire a indiqué que « les accusations de déstabilisation sont derrière nous », faisant allusion aux reproches de Niamey contre Cotonou concernant des bases françaises et des groupes terroristes.

La réouverture de la frontière, très attendue ? « Elle est actée », assure un membre de la commission économique. Un diplomate a ajouté qu’il restait quelques « mesures de confiance » à prendre, sans préciser lesquelles. « C’est pour bientôt », lance un membre de la délégation nigérienne.

La réunion, à huis clos, se poursuit ce dimanche 21 juin. « Le travail n’est pas encore terminé », a rappelé un délégué. Selon une indiscrétion, l’objectif serait de parvenir à des accords sur la défense, la sécurité et les échanges douaniers.