Blocus à Bamako : la capitale du Mali étranglée par les groupes djihadistes
La sécurité au Mali se détériore de manière alarmante. Depuis plusieurs jours, plus d’une dizaine de sociétés de transport ont cessé leurs activités vers et depuis Bamako. Cette interruption est la conséquence directe du blocus routier imposé à la capitale depuis deux semaines par les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda et alliés aux insurgés touareg.
Des vidéos authentifiées circulant sur les plateformes en ligne montrent des scènes de chaos : des bus en flammes, des voyageurs terrifiés et leurs affaires dispersées sur la route. Selon des témoignages, près d’une dizaine de véhicules de transport ont été incendiés le week-end dernier sur l’axe reliant Ségou à la capitale malienne.

Une stratégie pour isoler la capitale
Un résident de Bamako, s’exprimant sous couvert d’anonymat, confie : « La situation est devenue très dangereuse ici ». Il précise la nature du blocus : « Ils empêchent les gens d’entrer à Bamako. On peut quitter la ville, mais y revenir est extrêmement compliqué ». Cette situation a des conséquences directes sur la vie quotidienne, comme le souligne ce témoin, qui a observé de longues files d’attente devant les stations-service en raison de pénuries de carburant, en particulier de gasoil.
D’après ce même habitant, l’objectif des membres du JNIM est clair : « Ils cherchent à renverser le gouvernement ». Il ajoute : « En exerçant une pression maximale sur les civils, ils espèrent provoquer une révolte populaire ». Un sentiment d’angoisse prédomine : « Nous sommes très inquiets et nous ignorons ce que l’avenir nous réserve. La prière est notre seul recours. »
Un contexte aggravé par la menace climatique
Une atmosphère d’anxiété pèse sur Bamako. Malgré les déclarations rassurantes des autorités militaires et de leurs partenaires russes, qui affirment maîtriser la situation, la menace reste majeure pour le Mali. En tant que pays sans accès à la mer, son économie dépend crucialement des corridors routiers vers le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie. La stratégie des groupes djihadistes est donc limpide : asphyxier économiquement la capitale pour entraîner la chute du pouvoir en place. Cette actualité en Afrique subsaharienne souligne la fragilité de la région.
Cette épreuve est rendue encore plus difficile pour la population de Bamako par l’arrivée imminente d’une canicule dans la région du Sahel. Les services météorologiques du Mali et du Niger prévoient des températures extrêmes qui pourraient grimper au-delà de 45 degrés Celsius dans les jours à venir.