Blocus routier à Bamako : les compagnies de transport suspendent leurs liaisons
Manifestations et tensions à Bamako en avril 2026

Plus d’une dizaine d’entreprises spécialisées dans le transport routier au Mali ont décidé de suspendre leurs liaisons en direction et en provenance de Bamako. Cette décision intervient alors que des groupes armés jihadistes imposent un blocus routier autour de la capitale, tout en incendiant plusieurs véhicules et convois.

Les attaques récentes, menées les 25 et 26 avril par des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont visé des positions stratégiques tenues par la junte au pouvoir.

Depuis le 30 avril, ce blocus routier entrave gravement l’accès à Bamako, une ville entièrement dépendante des importations par voie terrestre. En effet, le Mali, pays enclavé, ne dispose pas d’alternative maritime viable pour ses approvisionnements.

Une mesure de précaution majeure

« Nous avons choisi d’interrompre nos services afin de garantir la sécurité de nos passagers et de limiter nos pertes financières », a expliqué un responsable d’agence de transport à l’AFP. Il a ajouté avoir perdu six bus lors d’incidents survenus samedi sur la route reliant Bamako à Ségou, située dans le centre du pays.

Officiellement, plus d’une dizaine de compagnies ont annoncé l’arrêt de leurs liaisons. Cependant, certaines ont préféré cesser leurs activités sans préavis, par crainte de représailles de la part des autorités locales qui pourraient les contraindre à maintenir leurs services, selon ce même responsable s’exprimant sous anonymat. Seuls quelques minibus empruntent encore des itinéraires secondaires pour rejoindre la capitale, alors que les grands axes restent totalement bloqués.

Pénuries généralisées à Bamako

Les répercussions du blocus routier se font déjà ressentir dans les rues de Bamako. Des files d’attente interminables se sont formées devant certaines stations-service, où le gasoil est devenu quasi introuvable ces dernières semaines. Selon l’AFP, les autorités ont pourtant annoncé samedi avoir réceptionné plus de 700 citernes de carburant en provenance de la Côte d’Ivoire via l’axe Bamako-Bouaké. Parallèlement, plusieurs convois de marchandises et bus ont été incendiés par les jihadistes ces derniers jours.

La situation énergétique se dégrade également. « Nous avons subi 72 heures sans électricité. Ce n’est qu’au quatrième jour que le courant est revenu pendant trois heures, puis il a de nouveau disparu », a témoigné un habitant de Bamako auprès de l’AFP. La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué des « perturbations importantes » causées par un « incident », sans en préciser la nature. Un cadre de l’entreprise, s’exprimant anonymement, a révélé qu’il s’agissait de sabotages perpétrés par des « terroristes », affectant directement le réseau électrique.

En outre, les délestages répétés perturbent désormais la distribution d’eau potable dans plusieurs communes de la capitale, comme l’a annoncé dimanche la Société malienne de gestion de l’eau potable.