Coopération franco-congolaise : l’AFD intensifie sa lutte pour les forêts et le climat
Une mission historique pour le climat et les écosystèmes congolais
Kinshasa a accueilli cette semaine une visite officielle qui marque un tournant dans la coopération environnementale entre la République démocratique du Congo (RDC) et la France. Christophe Lecourtier, directeur général du Groupe Agence française de développement (AFD), a rencontré Marie Nyange Ndambo, Ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, pour échanger sur les priorités communes en matière de lutte contre le changement climatique et de protection des ressources naturelles.
Cette première mission officielle de Christophe Lecourtier en RDC s’inscrit dans une dynamique de partenariat renforcé, avec un accent particulier sur deux axes majeurs : la préservation des forêts du bassin du Congo et le soutien au secteur de la santé, notamment via l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
La protection des forêts du bassin du Congo : un enjeu mondial
Lors de leur entretien, Christophe Lecourtier a réaffirmé l’engagement de la France aux côtés de la RDC dans ses ambitions climatiques. La protection des forêts constitue une priorité absolue pour l’AFD, a-t-il souligné, rappelant que ces écosystèmes jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial.
« Notre discussion a porté sur la politique environnementale menée par la ministre, en particulier sur les forêts. Nous avons également souligné l’importance de la coopération franco-congolaise dans ce domaine. Pour l’AFD, la question des forêts se situe au premier rang de nos priorités. Notre objectif est d’agir de manière concrète et efficace. »
Le directeur général de l’AFD a salué les orientations récentes du gouvernement congolais, notamment dans le cadre de l’Appel de Belém, qui confie à la RDC un rôle central dans la gestion des forêts du bassin du Congo. La France s’est dite prête à apporter un soutien total à la RDC, notamment en vue de la prochaine Conférence des Parties (COP) qui se tiendra en Turquie à l’automne 2026, où le pays pourrait présenter ses initiatives.
« Vous avez hérité d’une responsabilité majeure avec l’Appel de Belém, qui vous positionne comme un acteur clé pour les forêts du bassin du Congo. Nous sommes convaincus que la politique que vous avez adoptée s’inscrit pleinement dans cette dynamique. La France et l’AFD seront à vos côtés pour que vous puissiez présenter, lors de la COP, l’ensemble de vos actions. Vous pouvez compter sur notre soutien. »
Un projet pilote pour associer les communautés locales
Les discussions ont également porté sur le projet Z3D, une initiative innovante visant à associer directement les communautés locales à la lutte contre la déforestation. Ce projet repose sur des mécanismes d’incitations financières pour encourager les populations à protéger les forêts et à adopter des pratiques durables.
« Le projet Z3D consiste à intéresser directement les populations locales à la préservation des forêts grâce à des incitations financières. Comme l’a souhaité le Président de la République, ces incitations doivent bénéficier directement aux communautés. Pour nous, il s’agit d’un projet pilote avec la RDC, mais qui pourrait avoir un impact bien au-delà. »
Christophe Lecourtier a rappelé l’urgence d’agir face au changement climatique, soulignant que les forêts congolaises et leurs tourbières jouent un rôle essentiel dans la captation du carbone à l’échelle mondiale. Les canicules inédites qui frappent actuellement l’Europe rappellent à tous l’urgence d’agir.
« Nous vivons sur une seule planète. Ce qui se passe ici, dans les immenses forêts, les vastes tourbières et les ressources forestières de votre pays, a un impact sur le climat mondial, mais aussi sur la vie des Européens. Aujourd’hui, des canicules exceptionnelles frappent l’Europe, notamment la France. Elles nous rappellent tous que quelque chose doit changer. »
« Nous ne pourrons contenir le réchauffement climatique qu’à travers une action de partenariat et de coopération concertée avec des pays comme le vôtre, qui disposent d’un atout considérable pour contribuer à ralentir ce phénomène. Les forêts et les tourbières jouent un rôle essentiel dans la captation du carbone. »
Un partenariat stratégique pour l’Afrique centrale
Cette visite officielle illustre l’importance stratégique de la RDC dans les priorités du Groupe AFD. Avec un portefeuille de plus de 731 millions d’euros répartis sur 35 projets en cours, la RDC figure parmi les principaux pays d’intervention du Groupe en Afrique centrale.
Le Groupe AFD, présent dans plus de 160 pays et territoires d’Outre-mer, œuvre pour un développement plus juste, durable et résilient. À travers ses trois entités complémentaires – l’Agence française de développement (AFD) pour le financement du secteur public, Proparco pour le soutien au secteur privé et Expertise France pour la coopération technique –, il accompagne les États et leurs partenaires dans la mise en œuvre de projets alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Avec plus de 4 000 projets à son actif, le Groupe AFD mobilise des financements, des expertises et des partenariats au service de la croissance économique, de la lutte contre le changement climatique, de la préservation de la biodiversité, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la paix et du renforcement des systèmes de santé. Une approche adaptée aux réalités et aux besoins des territoires pour répondre aux défis les plus pressants de notre époque.