Crise au Mali : l’incapacité des forces russes face aux rebelles touaregs
Une offensive rebelle simultanée met à mal le Mali et ses alliés russes
Plusieurs villes du Mali, dont la capitale Bamako, ont été la cible d’attaques coordonnées menées par des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes. Cette opération a révélé une passivité inattendue des forces russes, pourtant déployées pour soutenir la junte militaire malienne. Dans la ville de Kidal, située au nord du pays, les soldats russes ont évacué leurs positions sans résistance, laissant le champ libre aux assaillants.
Des images choquantes : une retraite russe sans combat
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent une colonne de véhicules blindés russes quittant Kidal en ordre, sans que les troupes n’opposent la moindre riposte. Les nouveaux occupants de la ville sont les rebelles touaregs, renforcés par des éléments djihadistes. Cette scène, qui contraste avec l’image d’une armée russe déterminée, soulève des questions sur la stratégie de Moscou au Mali.
Les djihadistes du GNIM défient les Russes
La veille de cette retraite, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GNIM), lié à Al Qaeda, a revendiqué des attaques simultanées dans plusieurs régions du Mali, y compris Bamako. Dans un communiqué, le groupe a explicitement demandé aux forces russes de ne pas intervenir, afin de préserver une éventuelle future coopération. Pourtant, les 2 500 militaires russes du Africa Corps (anciennement groupe Wagner) sont restés inactifs, malgré la gravité de la situation.
Le régime malien fragilisé par une crise sans précédent
Depuis le coup d’État de 2020 et la prise de pouvoir par le colonel Assimi Goïta, le Mali traverse une période chaotique. La crise sécuritaire actuelle est la plus grave depuis cinq ans, avec des attaques ciblant même la résidence du ministre de la Défense, tué lors d’un assaut. Les rebelles et djihadistes ont réussi à étendre leur influence sur de vastes territoires, exploitant les faiblesses du pouvoir en place.
Kidal, symbole d’une défaite stratégique
La prise de Kidal par les rebelles touaregs est un revers majeur pour le Mali et ses alliés russes. En 2023, cette ville était tombée aux mains des forces maliennes soutenues par Moscou, après onze ans de contrôle par les indépendantistes de l’Azawad. Cette victoire, saluée comme un succès pour la junte, a rapidement été effacée par la récente offensive rebelle.
L’échec d’une stratégie russe au Sahel
Le départ des forces françaises en 2022 avait été justifié par la volonté de se tourner vers des partenaires plus fiables. Les Russes, perçus comme une alternative à Paris, ont pourtant échoué à stabiliser le pays. Leur passivité face aux attaques rebelles montre les limites de leur engagement au Mali. La population, prise en étau entre les djihadistes et une junte impopulaire, subit de plein fouet cette instabilité.
Un risque d’embrasement régional
La situation au Mali pourrait avoir des répercussions dramatiques pour l’ensemble du Sahel. Le GNIM, actif au Mali, a des ambitions régionales et pourrait s’étendre vers le Niger et le Burkina Faso, deux pays membres de l’Alliance des États du Sahel. Les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, déjà touchés par des incursions djihadistes, seraient également menacés.
Une décennie de chaos : l’héritage d’une intervention ratée
Depuis l’intervention française de 2014, qui avait permis de repousser une colonne djihadiste vers Bamako, le Mali n’a pas connu de stabilité durable. Les succès initiaux ont laissé place à une frustration généralisée, alimentant les coups d’État et le rejet des anciennes puissances coloniales. L’arrivée des Russes en 2022, présentée comme une solution, s’est soldée par un nouvel échec, plongeant le pays dans une crise profonde.
Les populations maliennes, déjà victimes de l’insécurité et de l’absence de services publics, paient le prix fort de cette instabilité chronique. Avec des groupes armés qui gagnent du terrain et une junte militaire affaiblie, l’avenir du Mali reste plus incertain que jamais.