Crise politique au Sénégal : Faye destitue son Premier ministre Sonko
Crise politique au Sénégal : le président Faye limoge Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre
Une décision historique secoue le paysage politique sénégalais : le président Bassirou Diomaye Faye a procédé, vendredi soir, au limogeage de son Premier ministre Ousmane Sonko, mettant fin à une collaboration tumultueuse qui a marqué les premiers mois du nouveau pouvoir.
Selon une déclaration officielle diffusée sur les chaînes nationales par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, le chef de l’État a « mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko », entraînant par ricochet le départ de l’ensemble du gouvernement en place. Les membres du cabinet sortant sont désormais chargés d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la formation d’une nouvelle équipe.
Cette décision intervient après des semaines de tensions croissantes entre les deux figures centrales du régime, toutes deux issues des rangs de l’opposition et porteuses d’un projet politique commun.
Ousmane Sonko : de la prison à la tête du gouvernement, puis à l’exclusion
Ancien opposant au président sortant Macky Sall (2012-2024), Ousmane Sonko avait vu sa candidature à l’élection présidentielle de février 2024 invalidée en raison d’une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques. Cette exclusion avait déclenché une vague de manifestations massives dans les rues, dénonçant à la fois la candidature contestée de Macky Sall pour un troisième mandat et la répression judiciaire contre l’opposition.
C’est dans ce contexte que Bassirou Diomaye Faye, alors simple militant, avait émergé comme le candidat de remplacement pour porter les couleurs de la coalition au pouvoir. Une alliance qui avait finalement triomphé lors du scrutin, offrant à Faye la présidence et à Sonko le poste de Premier ministre.
Cependant, les désaccords stratégiques entre les deux hommes se sont intensifiés dès les premières semaines, révélant des divergences profondes sur la gestion du pays et l’orientation politique à suivre.
Un départ qui divise et mobilise
Avec son discours panafricaniste et son engagement en faveur des jeunes Sénégalais désillusionnés par les élites traditionnelles, Ousmane Sonko avait su fédérer une base militante inébranlable. Son renvoi a immédiatement suscité une mobilisation populaire : des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent ses partisans se rassembler en masse devant son domicile, dans le quartier Keur Gorgui à Dakar, scandant son nom et manifestant leur soutien. « Alhamdoulillah. Ce soir, je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », a-t-il réagi sur son compte Facebook, quelques minutes après l’annonce officielle de sa destitution.
Le parti de Sonko, PASTEF, conserve une majorité écrasante à l’Assemblée nationale sénégalaise, après avoir remporté les élections législatives de novembre 2024. Cette configuration politique complexe laisse présager de nouvelles tensions institutionnelles dans les semaines à venir.
Que réserve l’avenir pour le Sénégal ?
Le limogeage de Ousmane Sonko marque un tournant dans le mandat de Bassirou Diomaye Faye, dont la légitimité politique est désormais mise à l’épreuve. Les prochaines heures seront déterminantes : formation d’un nouveau gouvernement, gestion des relations avec une Assemblée nationale dominée par le PASTEF, et réponse aux attentes d’une jeunesse en quête de changements profonds.
Alors que les soutiens de Sonko restent mobilisés et que ses détracteurs appellent à la stabilité, le Sénégal se trouve à un carrefour où chaque décision pourrait redessiner l’équilibre du pouvoir pour les années à venir.