Détention de Mohamed Bazoum au Niger : deux ans d’arbitraire et de violations

Une détention prolongée sans fondement juridique

Depuis deux ans, l’ancien président du Niger, Mohamed Bazoum, est détenu arbitrairement par les autorités militaires du pays. Son arrestation, intervenue le 26 juillet 2023 à la suite d’un coup d’État mené par le général Abdourahamane Tiani, s’accompagne d’une privation totale de ses droits fondamentaux. Ni lui ni son épouse, Hadiza Bazoum, n’ont accès à leur famille ni à une assistance juridique, malgré les multiples condamnations internationales.

Un procès imminent et des accusations politiques

En 2024, la junte militaire a levé l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum, ouvrant la voie à des poursuites pour « haute trahison » et « atteinte à la sûreté de l’État ». Pourtant, aucune audience préliminaire n’a été organisée à ce jour. En décembre 2023, la Cour de justice de la CEDEAO avait pourtant ordonné sa libération immédiate, estimant que sa détention était illégale. Depuis janvier 2025, le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont quitté cette organisation régionale, affaiblissant davantage le cadre juridique de sa défense.

Des institutions internationales unanimes : la détention de Bazoum est illégale

Plusieurs organes internationaux ont dénoncé cette situation. Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a qualifié sa détention de « violation grave du droit international » et exigé sa libération. Malgré cela, Mohamed Bazoum reste emprisonné au palais présidentiel de Niamey, sans perspective de procès équitable. Les défenseurs des droits humains soulignent que cette détention prolongée sert avant tout à étouffer toute opposition et à consolider le pouvoir de la junte.

Une junte militaire en violation des principes démocratiques

Les autorités nigériennes, dirigées par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), ont systématiquement réprimé les voix dissidentes, les médias et les partis politiques. Human Rights Watch met en garde contre la dérive autoritaire du régime, qui retarde indéfiniment la transition vers un gouvernement civil et la tenue d’élections libres. La détention de Mohamed Bazoum symbolise cette régression démocratique, privant le Niger d’un leader légitime et d’une chance de restauration de l’État de droit.

Les conséquences humanitaires et politiques

L’enfermement prolongé de l’ancien président et de son épouse a des répercussions dramatiques. Les enfants de Mohamed Bazoum, privés de contact avec leurs parents, subissent une souffrance psychologique inacceptable. Reed Brody, membre du collectif d’avocats défendant l’ancien dirigeant, dénonce une « détention cruelle et illégale », tandis que les observateurs internationaux craignent que cette situation ne fragilise davantage la stabilité de la région du Sahel.

Que faire face à cette injustice ?

Les associations de défense des droits humains appellent à une mobilisation internationale pour exiger la libération immédiate de Mohamed Bazoum et de son épouse. La pression diplomatique, notamment via les organisations régionales et les Nations Unies, reste un levier essentiel pour faire respecter le droit international et mettre fin à cette détention arbitraire. La communauté internationale est invitée à ne pas rester silencieuse face à cette violation flagrante des droits fondamentaux.